Orgues au Québec Facteurs


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Facteurs / Organbuilders

Casavant Frères Orgues Létourneau Ltée
Juget-Sinclair Guilbault-Thérien
Laliberté-Payment Ateliers Guilbault Bellavance Carignan
James Louder Inc. Karl J. Raudsepp & Associates


Inactifs / Inactive

Karl Wilhelm Inc. Wolff & Associés


Facteurs historiques / Historical Organbuilders

Avec Casavant, les facteurs suivants ont laissé leur marque:
Along with Casavant, the following organbuilders left magnificent instruments:

Eusèbe Brodeur Napoléon Déry
Aurèle Laramée
Louis Mitchell Guy Thérien
Samuel Russel Warren Charles Summer Warren

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Eusèbe Brodeur (1839-1913)

Text in English

Eusèbe Brodeur semble avoir débuté en facture d'orgues dans le sillage de Joseph Casavant dont il acheta l'établissement en 1866. Pour parfaire ses connaissances, il se rendit en Europe en 1870. On croît que c'est à son atelier que les frères Casavant s'initièrent d'abord à la facture.

Les premiers Brodeur ont malheureusement disparu ou ont été remaniés. Par bonheur, les orgues de Cacouna (1888) et de Saint-Joseph-de-Soulanges (1898) ont relativement conservé leur authenticité d'origine. À Sainte-Monique-de-Nicolet, un autre instrument (1893), ayant conservé tout son matériel d'origine, a été restauré par la maison Orgues Létourneau en 2002. Son dernier orgue a été celui de l'église de Sainte-Anne-de-Sorel (1905). Brodeur ferma son atelier en 1905 mais il demeura actif en accomplissant des travaux d'entretien. Il est décédé le 11 avril 1913.

Les buffets Brodeur n'ont pas de mérite particulier et on peut reprocher à ses mécaniques une certaine lourdeur due, notamment, aux très grandes soupapes qu'il emploie. Par contre, il nous faut l'admirer d'avoir enrichi ses compositions d'un 8' de pédale, d'un nasard, voire d'un cromorne, ce qui n'était pas fréquent à l'époque.


It is believed that Eusèbe Brodeur learned his organ building trade from working with Joseph Casavant from whom he purchased the workshop in 1866.

To complete his knowledge, he went to Europe in 1870. It is also believed that both Casavant brothers were initiated to the trade of organ building while working in his workshop.

His first instruments are lost or have been altered or have been integrated into new instruments. Fortunately, the Cacouna (1888) and St. Joseph-de-Soulanges (1898) instruments have relatively preserved their authenticity. There is another instrument (1893), in St. Monique-de-Nicolet, with all its original material, has been restored in 2002 by Orgues Létourneau. A good lifting would be necessary. The last organ that Brodeur built was for St. Anne-de-Sorel (1905). He closed his workshop in 1905, although he remained active afterwards doing maintenance works. He died on April 11, 1913.

Brodeur's caseworks do not have anything of special merit. We might blame Brodeur's instruments for the heavyness of their mechanisms mainly due to the use of very large valves.

On the other hand, we owe him the fact that he introduced 8' pedal stop, a nasard and even a cromorne which was not frequent in that period of time.


Références / References:

Livret du disque/CD Booklet "Orgues anciens du Québec", Fonovox VOX 7829-2

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Napoléon Déry (1843-1908)

Text in English

Napoléon Déry est né à Québec le 18 janvier 1840 et baptisé le même jour à la cathédrale Notre-Dame. Il est le fils d'Antoine Déry, commerçant, et Louise Provost. Il établit son atelier, en 1873, au 26 de la rue Saint-Gabriel dans le Faubourg Saint-Jean à Québec. Il le déménage d'abord au 48 de la rue Saint-Gabriel puis au 452-454 de la rue Saint-Jean. Nous ne savons pas encore s'il a été apprenti auprès d'un facteur d'orgues québécois ou s'il a voyagé en Europe pour s'instruire de la facture européenne.

Il épouse dame veuve Jacques Fecteau, née Hermine Grenier, le 25 février 1889. Il décède le 19 juillet 1909 et les obsèques ont lieu en l'église Saint-Jean-Baptiste de Québec le 22 juillet.

Entre 1874 et 1897, il a construit au moins quatorze orgues dont plusieurs nous sont parvenus dans un état remarquable d'authenticité, notamment:  Saint-Roch-des-Aulnaies (1874), Saint-Joachim-de-Montmorency (1885), Saint-Isidore-de-Dorchester (1889), Saint-Michel-de-Bellechasse (1897).

Ses instruments de Neuville (1885), Cap-Santé (1886) et Saint-Jean-Baptiste à Québec, on été remaniés mais possèdent toujours une part très importante de leur tuyauterie d'origine. Cette tuyauterie, de bonne qualité, Déry l'importait du facteur Pierce, de Londres, d'où elle lui arrivait probablement préhamonisée.

Déry affectionnait les Mixtures sans Tierce et les Principaux doux, ce qui confrère à ses plenums beaucoup de limpidité.


Napoléon Déry was born in Quebec City on January 18th, 1840 and baptized, on the same day, in Notre-Dame Cathedral. He is the son of Antoine Déry, a storekeeper, and Louise Provost. He sets up his workshop, in 1873, at 26 St Gabriel street in the St. Jean district of Quebec City. He will later move it to 48 St. Gabriel street and finanly to 452-454 St. Jean street. We still do not know whether he was an apprentice at some Quebec organ building workshop or if he travelled to Europe to get acquainted with the European organ building techniques.

He married Hermine Grenier, Jacques Fecteau's widow on February 25th, 1889. He died on July 19th, 1909 and his funeral takes place in St. Jean-Baptiste church on July 22nd.

Between 1874 and 1897, he built at least 14 instruments. Many of them have been preserved in a remarkable condition of authenticity namely: St Roch-des-Aulnaies 1874), St Joachim-de-Montmorency (1885), St Isidore-de-Dorchester (1889),and St Michel-de-Bellechasse (1897).

His Neuville (1885), Cap-Santé (1886) and St Jean-Baptiste in Quebec City instruments have been altered but still contain a very important part of their original pipe works. These pipes, of a very good quality, were imported from the British organ builder Pierce, and would probably be preharmonized.

Déry loved Mixtures without Tierce and soft Principals which give much clarity to his plenums.


Références / References:

Thomas Annand, Recherches personnelles, 2008

Antoine Bouchard, Bulletin des Amis de l'orgue de Québec, no 65, décembre 1995

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Aurèle Laramée (1927-2001)

Text in English

Aurèle Laramée est né le 15 octobre 1927 à Saint-Étienne-de-Bolton, un village des Cantons de l'Est. Il est le quatrième enfant d'une famille de huit. Il entre au juvénat des Frères Maristes à Iberville le 3 septembre 1941. Après le postulat et le novicat de 1944 à 1946, il poursuit ses études à l'École normale de 1946 à 1947 où il obtient un diplôme supérieur d'École normale et un baccalauréat ès arts. Par la suite, il obtiendra une maîtrise en letres et un baccalauréat en musique (orgue et harmonium). Il enseigne ensuite au primaire et au secondaire régulier ainsi qu'au cours classique.

En 1965, nommé titulaire des orgues à la Maison provinciale à Iberville, il présente, aux autorités de la Communauté, un rapport détaillé sur l'état de délabrement du vieil instrument. Les techniciens des Orgues Maska, venus estimer les dégâts, recommandèrent une réparation générale. Compte tenu des disponibilités financières limitées, des travaux modestes sont entrepris au cours desquels des modifications furent apportées au niveau de la mécanique et du système électrique. Les techniciens de cette firme, aujourd'hui dissoute, enseignèrent au Frère Laramée les rudiments du métier d'organier. Après leur départ, ce dernier continue les réparations avec l'aide de confrères, et surtout de nombreux étudiants enchantés de consacrer plusieurs heures de loisirs à bricoler avec leur professeur.

En 1970, avec l'acquisition de la console de la basilique Saint-Patrick's de Montréal, plus fonctionnelle et plus récente (1928), apparut l'idée de construire un orgue qui, tout en répondant aux besoins de la liturgie, pourrait devenir un instrument de concert. On change alors l'orientation des travaux. La conception sonore du nouvel instrument fut confiée à Guy Thérien, harmoniste chez Guilbault-Thérien Inc de Saint-Hyacinthe. Il établit un devis dont la réalisation serait répartie sur une dizaine d'années. Pour édifier la nouvelle architecture sonore, il a fallu réharmoniser certains jeux en place; en dénicher d'autres dans la réserve de la Maison ou d'ailleurs, et les réharmoniser; en reconstruire ou recomposer un certain nombre d'autres; puis, acheter des jeux neufs pour obtenir les timbres manquants. Heureusement, trois acquisitions successives d'instruments usagés ont renfloué la réserve d'une vingtaine de jeux nouveaux; tandis que la remise du grenier s'enrichissait d'un abondant matériel de remplacement.

Pendant 35 ans, il consacre le plus clair de son temps à l'enseignement. La réparation et l'accordement des pianos et des orgues occupaient ses loisirs en fin de semaine, aux jours de congé et aux grandes vacances d'été. Les sommes ainsi recueillies étaient, avec l'approbation de ses Supérieurs, consacrées à la réfection de son orgue et à l'extinction des frais des récitals qui y étaient joués. L'excédent allait aux oeuvres missionnaires des Frères Maristes.

Laissant sa place aux plus jeunes professeurs, il profita d'une retraite anticipée pour s'adonner à son hobby préféré. S'étant présenté à la maison Guilbault-Thérien, il fut accepté d'emblée dans les rangs des ouvriers de l'atelier. La firme, qui l'avait toujours soutenu dans ses travaux d'orgue, et qui connaissait ses capacités, n'eut qu'à s'en féliciter jusqu'à sa retraite officielle en 1992. Mais, en quittant l'atelier, le Frère Laramée n'a pas cru bon se reposer sur ses lauriers. Bien au contraire. Ayant délaissé la charge des pianos, qu'il confia à un jeune père de famille, à qui il avait montré le métier, il consacra ses énergies d'abord à l'imprimerie de la Maison, et aux orgues des paroisses à revenus modiques qui réclamaient son aide, dans l'impossibilité financière qu'elles étaient de recourir aux services de firmes reconnues. Ainsi, sans nuire aux dites firmes, il put apporter sa contribution à l'industrie de l'orgue, comme à la conservation du patrimoine. Sa recette? Mobiliser les bénévoles, retraités ou chômeurs de la paroisse concernée, expliquer la méthode de travail, répartir ces gens en équipes et lancer les travaux sous sa supervision. Ces bénévoles apprenaient vite, et vite aussi ils y prenaient goût. Les découvertes qu'ils faisaient ainsi que les différents apprentissages en emballaient plusieurs. La satisfaction qui en résultait rapprochait les paroissiens et leur donnait la fierté de remettre en opération un instrument bien à eux. Les curés ne pouvaient que s'en féliciter.

Dans un bilan qu'il dresse (juillet 1999), le Frère Laramée fait état de plus de 135 instruments qui sont passés entre ses mains, à titre personnel exclusivement. Quelques unités, après prolongation, ont dû être abandonnés faute de ressources financières de la paroisse; plusieurs se sont refait une santé, ou ont vécu une résurrection; la majorité jouit encore d'une bonne qualité de vie. En somme, un total de 15 diocèses ont profité de l'aubaine. Églises, chapelles, institutions religieuses, maisons privées, et même un orgue de barbarie ont essayé sa thérapie.

Le 11 mars 2001, la Fédération québécoise des Amis de l'orgue, lui confère le titre de "membre honoraire". Il décède le 21 octobre 2001.

Qui est le Frère Aurèle Laramée? Jacques Boucher, alors réalisateur des émissions d'orgue à Radio-Canada, répond assez bien à cette question. Interviewé lors d'une émission, il affirme:

"...facteur important au Québec! Il est aussi un diffuseur de l'orgue. C'est un homme qui a pris à coeur la cause de son orgue, et aussi la cause de plusieurs instruments au Québec.
Il a su intervenir d'une façon très particulière en mobilisant, autour de lui, des bénévoles dans les paroisses pour aider à la restructuration des instruments... Je crois qu'il faut reconnaître que son orgue de 70 jeux a été construit de ses propres mains grâce à son énergie, à son courage, à une détermination unique et avec l'aide de facteurs de la maison Guilbault-Thérien. Il a été une sorte d'associé de Guy Thérien dans ce projet-là, puisqu'il a travaillé à tous les niveaux de la construction de l'instrument, de la restauration de parties d'orgue... qu'il trouvait un peu partout. Guy Thérien était le maître de l'harmonie de l'instrument..."


.

Aurèle Laramée was born on Octobrer 15, 1927 in St. Étienne-de-Bolton, a village in the Eastern Townships. He is the fourth child in a family of eight. Je joined the Marist Brothers Juvenate in Iberville on September 3rd, 1941. After his postulancy and his noviciate from 1944 to 1946, he pursues his studies at the Teachers' School from 1946 to 1947 where he obtained a Teachers'n School Superior Diploma and a Arts baccalaureate. Afterwards he will obtain a master's degree in literature and a music baccalaureate (organ and reed organ). He will teach at the primary and secondary levels and at the classical studies level.

In 1965, assigned as organist at the Provincial House in Iberville, he submits, to the authorities, a detailed report concerning the dilapidated state of the old instrument. Maska Organs, a firm now dissolved, is entrusted to estimate the damages. They recommend a general overhaul but due to limited available funds, only minor repairs are executed to correct the action and the electrical systems. The firm’s technicians taught Brother Laramée the fundamentals of organ building techniques. After they left, Brother Laramée resumed the repairs with the help of colleagues but mainly with many students delighted to spend many leisure hours doing odd jobs with their teacher.

In 1970, the idea of building an instrument that would meet liturgical requirements also used as a concert instrument emerges with the purchase of a more functional and more modern (1928) console coming from St. Patrick's Basilica in Montréal. The works took a new turn. The tonal structure of this new instrument was entrusted to Guy Thérien, voicer at Guilbault-Thérien of St. Hyacinthe. He sets up the specifications of an instrument that would be gradually come true over a period of a decade. To build this new tonal structure, actual stops were revoiced; pipework was obtained from the House's reserve collection and from somewhere else, and revoiced; stops were reconstructed or reconstituted; and new stops had to be purchased in order to fill the tonal gaps. Luckily, through three successive purchases of secondhand instruments, the reserve collection was enriched with twenty new stops and numerous replacement parts.

For 35 years, teaching was his main concern. Repairs and tunings of pianos and organs were mainly executed in his spare time during weekends, holidays and summer recess. Earney money was, with the approbation of his Superiors, dedicated to the restoration of his organ and paid for recital fees. Left-overs were given to the missionary activities of the Marist Brothers.

Leaving his position to younger teachers, he devoted his early retirement years to his favourite pastime. He went to Guilbault-Thérien organ building workshops where he was, at once, accepted among the craftsmen. The organ building firm who had always supported him in his organ construction jobs and who knew about his abilities, was very pleased to welcome him. He worked there until his official retirement in 1992. But, after leaving the workshop, Brother Laramée was not the kind of person to rest on his laurels. To the contrary. While having given up piano tuning work - work he has given to a young family man he formed - he devoted his time to the House's printing shop and to organs installed in low-income parishes who needed his help because they did not have the financial resources to call upon firms. So, without any harm to those firms, he was able to participate into the organ building industry and to the conservation of the organ heritage. His formula? Rallying volunteers, retired or unemployed parishioners, explain the work method, divide them into groups and start the works under his supervision. Volunteers would learn fast and they also took pleasure in this kind of work. Discoveries and various apprenticeships thrilled many of them. The resulting satisfaction brought the parishioners closer one another and gave them the pride to restore their own instrument. Parish priests were also very satisfied.

In an assessment, as of July 1999, Brother Laramée worked, on a personal basis, on more than 135 instruments. A few ones, after a life extension, were abandoned due to lack of financial resources by parishes while some, after restoration, came back to life and most of them are still in good condition. He worked on instruments located in churches, chapels, religious institutions, private residences and even, on a barrel-organ.

On March 11th, 2001, the Fédération québécoise des Amis de l'orgue bestows on him the title of "Honorary member". He died on October 21st, 2001.

Who is Brother Aurèle Laramée? Jacques Boucher, while producer of organ broadcast series at Radio-Canada, answers pretty clearly to this question. Interviewed in one of his broadcast, he states:

""… important organ builder in Quebec! He is also an organ producer. Here is a man who took seriously the cause of his organ, and also the cause of many Québec instruments. He was able to intervene by rallying volunteers in the parishes in order to help restoring instuments. I think we must recognize that his 70-stop organ was built with his own hands thanks to his dedication and courage, and with the help of organ technicians from Guilbault-Thérien. In this project, he was an assistant to Guy Thérien. He worked in all construction phases of this instrument including restoration of organ parts… he gathered from about everywhere. Guy Thérien was the tonal director of the instrument…"


Référence / Reference:

Alexis Pâquet, In Memoriam - Frère Aurèle Laramée (1927-2001), 2001

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Louis Mitchell (1822-1902)

Text in English

Louis Mitchell est né le 30 septembre 1822 à Montréal et baptisé le même jour à l’église Notre-Dame. Ses parents sont Samuel Mitchell (un éccosais et un menuisier qui décède en 1830) et Marie Charlotte Langlois dite Traversy (1800-1845). Louis épouse Marie Henriette Vaudry (ou Beaudry) (1822-1882), fille de Simon Vaudry et Catherine Chagnon, le 15 septembre 1845 à l'église Notre-Dame. Un enfant, Louis-Edouard, est né le 14 juin 1846, malheureusement il décède l’année suivante.

Louis travaille avec son neveu, Samuel Mitchell (1855-1891), fils du frére ainé de Louis, Édouard Mitchell, né en 1820. Aprës la mort prématurée de leur père aux États-Unis, Samuel et sa soeur viennent habiter Montréal chez Louis Mitchell et sa femme. Aussi organiste, Samuel participe à l’inauguration de quelques instruments de Louis Mitchell.

Louis Mitchell apprend son métier à bonne école en travaillant plusieurs années chez Samuel-Russel Warren. En 1860, il part à son compte en s'associant, pendant quelques cinq années, avec un compagnon d'apprentissage, Charles Forté. Après la réussite de premiers travaux de proportion moyenne, il connaît la célébrité grâce à des grands instruments de la Cathédrale de Québec (1864), de Saint-Jacques de Montréal (1867), et surtout de l'église Holy Family de Chicago (1868) où il signe un orgue de 63 jeux reconnu comme un des plus importants et des plus réussis de l'Amérique à cette époque. Ces instruments sont hélas disparus.

En 1861, l’atelier Mitchell est situé au 159 de la rue Saint-Bonaventure puis, en 1865, au 243 de la rue Saint-Bonaventure et enfin, de 1867 à 1887, au 100-104 de la rue Saint-Antoine. Après 1888, il réside au 30 de la rue Donegana.

Heureusement, il nous reste ceux de Saint-François-Xavier-de-Brompton (1863), de Saint-Michel-de-Vaudreuil (1871), de Saint-Roch-sur-Richelieu (1872), de Saint-Fabien-de-Panet (1872), de Saint-André de Kamouraska (1874), Saint-Norbert-de-Berthier (1880). Il y a aussi, ailleurs au Canada, celui de l'église Saint-Simon et Saint-Jude de Tignish (1882) dans l'Île du Prince-Édouard.

Mitchell veille particulièrement à la qualité de la tuyauterie qu'il importe ou qu'il fabrique lui-même à compter de 1874. Cela explique pourquoi ses instruments qui ont été agrandis ou modernisés par d'autres facteurs contiennent encore une importante tuyauterie de lui, soit à Saint-Romuald-d'Etchemin (1865), Saint-Augustin-de-Portneuf (1872), Saint-Sauveur de Québec (1873), Sainte-Croix-de-Lotbinière (1887), ou particulièrement, à Notre-Dame de Lévis (1870).


Louis Mitchel was born on September 30th, 1822 in Montreal and baptized, the same day, in Notre-Dame Church. His parents were Samuel Mitchel (a Scotsman and carpenter who died in 1830) and Marie Charlotte Langlois dite Traversy (1800-1845). Louis married Marie Henriette Vaudry (or Beaudry) (1822-1882), daughter of Simon Vaudry and Catherine Chagnon, on September 15th, 1845, in Notre-Dame Church. A child, Louis-Edouard, was born on June 14th, 1846, 1846, but unfortunately, he died the next year.

Louis worked with his nephew, Samuel Mitchell (1855-1891), son of his older brother, Edouard Mitchell, born in 1820. Following his father's untimely death in the United States, Samuel and his sister returned to Montreal and resided with Louis Mitchell and his wife. Also an organist, Samuel inaugurated some of Mitchell's instruments.

Louis Mitchell learned his trade while working during many years with Samuel-Russel Warren. In 1860, he started his own business and was associated, for some five years, with a fellow apprentice, Charles Forté. After succeeding in middle-sized instruments, he became famous for the large instruments he built for the Quebec Cathedral (1864), St. Jacques cathedral in Montreal (1867) but mainly for the one he built for Holy Family Church in Chicago (1868) a 63-stop instrument known, at that time, to be one of the most important and most successful organs in America. Unfortunately, all these instruments are now lost.

In 1861, Mitchell's workshop was installed at 159 Bonaventure Street then, in 1865, at 243 Bonaventure Street and, finally, at 100-104 St. Antoine Street. After 1888, he lived at 30 Donegana Street.

Fortunately, there are extant instruments installed in St. François-Xavier-de-Brompton (1863), St. Michel-de-Vaudreuil (1871), St. Roch-sur-Richelieu (1872), St. Fabien-de-Panet (1872), St. André-de-Kamouraska (1874), and St. Norbert-de-Berthier (1880). Elsewhere, in Canada, there is the one installed in St. Simon and St. Jude Church (1882) in Tignish, PEI.

Michell watched carefully over the quality of the pipework included in his intruments. These were either imported or manufactured by himself after 1874. This reason explains the fact that, while his instruments were enlarged or modernized by other organbuilders, the instruments retained a large part of the original pipework as it is the case in St. Romuald-d'Etchemin (1865), St. Augustin-de-Portneuf (1872), St. Sauveur-de-Québec (1873), St. Croix-de-Lotbinière (1887) and mainly in Notre-Dame-de-Lévis (1870).


Références / References:

Thomas Annand, Recherches personnelles, 2008

Livret du disque/CD Booklet "Orgues anciens du Québec", Fonovox VOX 7829-2

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Guy Thérien (1947-2001)

Text in English

Né à Iberville (Québec) le 20 novembre 1947 et décédé à Saint-Hyacinthe (Québec) le 11 mai 2001.

La compagnie Guilbault-Thérien inc., fondée en 1946, est le fruit de la collaboration de Maurice Guilbault et d'Antonio Delage. à ses débuts, le compagnie porte le nom d'Orgue Providence et est située sur la rue Crevier dans le village de La Providence. à l'époque, six artisans y travaillent et fabriquent principalement des parties d'orgues ainsi que des jouets musicaux.

En 1955, le fils de monsieur Guilbault, André, se joint à son père et à monsieur Delage pour faire son apprentissage. L'entreprise, qui a maintenant à son emploi huit personnes à temps complet, délaisse peu à peu la simple fourniture d'éléments d'orgues pour s'orienter plutôt vers la construction d'orgues neufs. Incorporée en 1961, la compagnie produit à cette époque trente-quatre nouveaux instruments, répare, nettoie et effectue des mises au point sur sept orgues du Québec.

Lorsque André Guilbault prend la relève à la direction de l'entreprise en 1968, Guy Thérien, après un apprentissage chez Casavant Frères, se joint à l'équipe à titre de concepteur et d'harmoniste. Sa venue marque un tournant sur le plan esthétique comme le signale Antoine Bouchard dans L'Encyclopédie de la musique au Canada: «Les jeunes associés changèrent alors la politique de la maison et l'orientèrent vers la production d'orgues à traction mécanique. Les orgues qu'ils ont signés depuis, notamment [...] celui de la cathédrale Sainte-Anne-de-la-Pocatière (1974), sont bien dans l'esprit du renouveau de la facture canadienne depuis 1960». La maison se taille aussi une réputation enviable dans le domaine de la restauration et de la réfection d'orgues anciens, comme par exemple, celui de la basilique Saint Patrick's de Montréal en 1972 (un orgue Warren de 1852 que Casavant Frères a réparé en 1895).

En 1978, l'entreprise change de nom pour celui de Guilbault-Thérien inc., identifiant ainsi les deux propriétaires: André Guilbault et Guy Thérien.

L'atelier de la rue Crevier étant devenu trop petit, on déménage au printemps 1985 dans un nouvel espace à Saint-Thomas-d'Aquin, toujours près de Saint-Hyacinthe. Les premiers instruments à être confectionnés sont justement pour des communautés religieuses ou des paroisses du diocèse de Saint-Hyacinthe: l'abbaye cistercienne de Rougemont, et Sainte-Maria-Goretti de Beloeil.

Une première commande des états-Unis provient de la paroisse Grace Church, de White Plains dans l'état de New York, pour un orgue à traction mécanique de quatre claviers et quarante-cinq jeux. Peu après, l'obtention du contrat pour la construction du grand orgue classique français dit «en seize pieds» à quatre claviers pour la chapelle du Grand Séminaire de Montréal, constitue une première au Canada.

En 1992, André Guilbault se retire de la partie administrative de la compagnie, tout en demeurant actif. Alain Guilbault (sans lien de parenté), qui oeuvre au sein de l'entreprise, lui succède et devient le nouvel associé de Guy Thérien. Il travaille principalement au service d'entretien des orgues tout en poursuivant sa fonction d'harmoniste.

à l'aube de 1996, deux importants contrats marquent le cinquantenaire de la maison: le nouvel instrument de l'église Saint-Léon de Westmount voit le jour (deux claviers, 31 jeux, traction mécanique) et la réfection du grand orgue de la basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde de Montréal (un Casavant Frères, 4 claviers, 93 jeux).

L'entreprise employait une douzaine d'artisans de façon permanente, restaurait en moyenne trois instruments annuellement et fabriquait aussi un instrument neuf, selon la demande de la clientèle. Suivant la tradition des organiers anciens, l'atelier se suffit à lui-même, en assumant chacune des étapes de la conception, de la réalisation et de l'installation de ses instruments. N'ayant pas d'attache avec une école européenne, on se permet une grande liberté et une ouverture quant à l'esthétique des instruments, tout en s'inspirant des traditions anciennes de la facture de l'orgue.

Nouveaux instruments et restaurations


Born in Iberville (Québec) November 20, 1947 and died in Saint-Hyacinthe (Québec) on May 11, 2001.

Guilbault-Thérien, founded in 1946, is the result of a partnership between Maurice Guilbault and Antonio Delage. From the beginning, the company was named Orgue Providence and was located on Crevier Street in the village of La Providence. At that time, 6 craftsmen were employed and were mainly involved in the manufacturing of organ parts and musical toys.

In 1955, Mr. Guilbault's son, André, joined his father and Mr. Delage to start his apprenticeship. The company, who has now 8 full-time employees and slowly abandons the organ supplies business to direct its activities towards building new organs. Incorporated in 1961, the company manufactures, at that time, 34 new instruments, repairs, cleans and executes tunings on 7 organs in Québec.

When André Guilbault takes up the management of the firm in 1968, Guy Thérien, after an apprenticeship at Casavant Frères, joins the group as designer and harmonist.. His arrival in the firm marks a turning point on aesthetic point of view as Antoine Bouchard reports in the Encyclopedia of Music in Canada: «The young associates shifted the firm's politics and directed its activities towards the production of tracker action organs. The organs they have since built, namely [...] the one in the Cathedral of Sainte-Anne-de-la-Pocatière (1974), are well in the renewal spirit goin on in the Canadian organ building since 1960». The firm builds an enviable reputation in the renovation and rebuilding of ancient organs, like the one in St. Patrick's Basilica in Montreal in 1972 (a 1852 Warren organ repaired by Casavant in 1895).

In 1978, the firm changes its name to Guilbault-Thérien Inc., to clearly identify the two partners: André Guilbault and Guy Thérien.

The shop on Crevier Street being too small, it moves, in the Spring of 1985, to a new location in St. Thomas-d'Aquin, near St. Hyacinthe. The first instruments to be built are for religious orders or parishes in the diocese of St. Hyacinthe: the Rougement Cistercian Abbey, and St. Maria-Goretti Church in Beloeil.

A first order from the United States comes in from Grace Church, in White Plains N.Y. for a 4-manual, 45-stop tracker action organ. Soon after, came the contract for building a large 4-manual French classical organ called "Sixteen Foot" for the Chapel in the Great Seminary in Montreal, which sets up a predecent in Canada.

In 1992, André Guilbault retires from the firm's administrative services while remaining active in the firm. Alain Guilbault (without family relationship), who works for the firm, succeeds him and becomes the Guy Thérien's new associate. He works mainly in the maintenance department while continuing his fonction as harmonist.

Early in 1996, two large contracts mark the firm's 50th anniversary: a new instrument for the Church of St. Léon in Westmount (2-manual, 31-stop, tracker action) and the restoration of the great organ in Marie-Reine-du-Monde Basilica-Cathedral in Montreal (a 4-manual, 93-stop Casavant).

The firm who employed full-time a dozen craftsmen, restored annually, on the average, 3 instruments while it built one new instrument depending on demand. Following the traditions of ancient organbuilders, the workshop is sufficient to itself, meaning that it assumes each and every one of the steps included in the design, building and installation of its instruments. Having no particular tying up with any European school, the firm has wide liberty and an opening concerning the aesthetics of the instruments while drawing from ancien traditions in organbuilding.


Liste partielle des oeuvres / Partial List of Works

Nouveaux instruments / New instruments


Restaurations / Restorations

Canada

Ville
City
Lieu
Location
Manitoba
  • Holland
Abbaye Notre-Dame-des-Plaines Cistercian Abbey
Ontario
  • Ottawa
Église Saint-François-d'Assise
Rideau Park United Church
St. Andrew's Presbyterian Church
Québec
  • Cap-Rouge
Église St. Félix
  • La Guadeloupe
Église Notre-Dame-de-la-Guadeloupe
  • La Pocatière
Cathédrale Sainte-Anne
  • L'Épiphanie
Église paroissiale
  • Matane
Église St. Rédempteur
  • Montréal
Chapelle du Séminaire
Église St. Léon (Westmount)
Chapelle du Sacré-Coeur (Basilique Notre-Dame)
  • Repentigny
Église de la Purification
  • Rimouski
Conservatoire de musique du Québec
  • Rougemont
Chapelle de l'Abbaye cistercienne Notre-Dame-de-Nazareth
  • Sainte-Anne-de-Beaupré
Basilique Sainte-Anne

États-Unis / United States

Ville
City
Lieu
Location
New York
  • New York
Brick Presbyterian Church
Résidence Dr. Keith S. Toth



Ville
City
Lieu
Location
Ontario
  • Ottawa
Basilique-cathédrale Notre-Dame
Québec
  • Chicoutimi
Cathédrale Saint-François-Xavier
  • Montréal
Basilique-Cathédrale Marie-Reine-du-Monde
Église/Church du Gesu
St. George's Anglican Church
Église Saint-Pierre-Apôtre
  • Québec
Basilique-Cathédrale Notre-Dame
Chalmers-Wesley Church
Église Notre-Dame-de l'Annonciation
Église Notre-Dame-des-Victoires
Église Très-Saint-Sacrement
  • Rimouski
Cathédrale St-Germain
  • Rivière-du-Loup
Église Saint-Patrice
  • Sherbrooke
Basilique-Cathédrale Saint-Michel
Église unie Plymouth-Trinity United Church
  • Trois-Pistoles
Église Notre-Dame-des-Neiges


Références / References:

Notes de programme (excusion culturelle des Amis de l'orgue de Québec, Août 1997)
Bulletin des Amis de l'orgue de Québec, no. 82, Septembre 2001
Encyclopédie de la musique au Canada

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Samuel-Russel Warren (1809-1882)

Text in English

La facture d'orgues de type professionnel a vraiment commencé au Canada avec l'arrivée, à Montréal, en 1836, de Samuel-Russel Warren, un Américain formé à Boston auprès de Appleton. Cet homme remarquable a donné à notre facture une solide base traditionnelle et a su l'ouvrir aux nouveautés, introduisant ici le levier Barker (1851), la soufflerie hydraulique (1860) et des jeux comme les flûtes harmoniques et les anches libres.

Par ailleurs, il a formé des disciples qui devinrent célèbres. Parmi ceux-ci, on compte Louis Mitchell et Charles-Summer Warren, son dernier fils et dont les enfants et petits-enfants ont été impliqués en facture d'orgues jusque vers 1950.

Le succès du fondateur de la dynastie fut grand, ayant construit plus de quatre cents instruments, principalement pour Montréal, mais aussi beaucoup pour le Québec, l'Ontario et les états-Unis. Ses grands instruments ont disparu ou ont été incorporés anonymement dans des reconstructions. Heureusement, certains positifs, ceux de Chambly et de Frelighsburg par exemple, témoignent aujourd'hui encore des grandes qualités de cette facture.


Professional organ building began in Canada, in 1836, when the American Samuel-Russel Warren settled in Montreal. He had been trained at Appleton's in Boston. This remarkable man gave to our organ building craftsmanship a traditional and solid foundation while, at the same time, imported and introduced new technologies such as the Barker machines (1851), the hydraulic blower (1860) and stops like harmonic flutes and free reeds.

He trained disciples who became famous. Among them, Louis Mitchell and Charles-Summer Warren, his youngest son whose children and grand-children were involved in organ building until the 1950's.

His success and that of his firm were great. He has built more than 400 instruments mainly for Montreal but also for Quebec, Ontario and the United States. His largest instruments have been lost or have been incorporated, anonymously, into new ones.

Fortunately, some positifs, like the ones in Chambly and Frelighsburg, bear witness to the great qualities of that organ building craftsmanship.


Références / References:

Livret du disque/CD Booklet "Orgues anciens du Québec", Fonovox VOX 7829-2

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Charles-Summer Warren (1842-1933)

Text in English

Samuel-Russel Warren associe son fils, Charles-Summer à son entreprise en 1876. C'est la maison Warren & Son, déménagée à Toronto, en 1878, qui a construit, entre autres, les orgues de la Cathédrale St. Michael's de Toronto (1886) et celles de l'église de Deschambault (1892).

En 1896, la maison Warren & Son fut achetée par un fabricant d'harmoniums et de pianos, Dennis W. Karn (1843-1916) installée à Woodstock, en Ontario. C'est donc sour le nom de Karn-Warren que Charles-Summer Warren continuera à construire des orgues pendant une vingtaine d'années encore.

Parmi les rares témoins actuels de cette facture, il y a l'orgue de l'église anglicane Trinity de Ste-Foy près de la ville de Québec.


Samuel-Russel Warren took his son, Charles-Summer Warren, into partnership in 1876. It is with the firm Warren & Son, moved from Montreal to Toronto, in 1878, that Charles-Summer Warren built, among others, the instruments for St-Michael's Cathedral in Toronto (1886) and the one for Deschambault (1892).

In 1896, the Warren & Son firm was acquired by Dennis W. Karn (1843-1916), a piano and reed organ builder located in Woodstock, Ontario. It is under the name Karn-Warren that Charles-Summer Warren will continue to build organs for the next 20 years.

Among the few extant instruments, one can be found in the Trinity Anglican Church in Ste-Foy near Quebec City.


Références / References:

Livret du disque/CD Booklet "Orgues anciens du Québec", Fonovox VOX 7829-2

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