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Silbermann 1738, 1743 / Burger 1848 / Berger 1895, 1930 / Kern 1954, 1989 / Blumenroeder 2016
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Eschentzwiller est une commune de la couronne périurbaine de Mulhouse située dans le département du Haut-Rhin en Alsace.
L'église
La présence d'une église est mentionnée pour la première fois en 1192. Elle était patronnée par les chanoines du chapitre de la collégiale de Saint-Amarin. Au XVe siècle (vers 1495), une église fortifiée est construite avec un clocher médiéval muni de meurtrières.
La nef et le choeur sont reconstruits en 1758. Surélevée en 1866, la tour est le vestige de l’ancien édifice. À la Révolution, l'église a été fermée en 1794.
Le clocher et le porche font l'objet d'une inscription au titre des Monuments historiques depuis le 21 juillet 1996.
L'orgue
Le premier orgue du couvent des Dominicaines des Unterlinden à Colmar cité par les archives n’est pas antérieur à 1594, lorsque le facteur d’orgues Hans Werner Mudderer, actif à Fribourg-en-Brisgau de 1571 à 1622, livre un petit orgue que Silbermann qualifie plus tard de « vieux petit positif – altes Positivlein ».
En 1731, les moniales prennent contact avec le facteur Andreas Silbermann (1678-1734) pour reconstruire l’orgue de tribune, un instrument plus important, mais délabré, en réutilisant une partie de la tuyauterie existante. Celui-ci ne donne pas suite à ce projet, évoquant un manque de temps et le refus de réutiliser de la tuyauterie plus ancienne. Les Dominicaines font alors appel à un facteur allemand, un artisan souabe de Rottweil, qui confectionne un buffet neuf en chêne, dont la façade assez lourde est dessinée dans les archives Silbermann, et un sommier neuf, mais qui réutilise l’essentiel de la tuyauterie existante. Lorsque les trois premiers jeux sont posés, les moniales réalisent que leur artisan est un incapable, elles le congédient et font appel à Jean-Baptiste Waltrin, fils d’un facteur d’orgues strasbourgeois originaire de Lorraine, alors établi en Haute-Alsace. Celui-ci coupe en deux le sommier et descend les quatre soufflets (de 6’ sur 2’7"), qui jusqu’alors sont installés sur une petite tribune, en en plaçant trois dans le soubassement et le quatrième dans une niche percée dans le mur. Mais malgré l’aide de son père Joseph, Jean-Baptiste Waltrin ne parvient pas à faire fonctionner l’orgue durant plus de dix semaines et le petit positif du XVIe siècle est appelé à reprendre du service. Confrontées à ce désastre, les moniales renouent très rapidement le contact avec les Silbermann, en contactant cette fois le fils d’Andreas, Johann Andreas Silbermann (1712-1783).
Lorsque lui parvient la commande pour un nouvel orgue pour le couvent des Unterlinden, le 28 novembre 1736 pour la somme de 1 500 couronnes, Johann Andreas Silbermann n’est, avec ses 24 ans, qu’un jeune artisan, que le décès de son père Andreas, survenu le 16 mars 1734, a placé, en tant qu'aîné de la famille, à la tête d’un important atelier de facture d’orgues. Cette confiance s’explique probablement par la grande réussite de l’orgue des Dominicains de Colmar, posé durant l’été 1726 par Andreas Silbermann, alors déjà assisté par son fils Johann Andreas.
Pour l’élévation du buffet, Silbermann reprend le dessin qu’il avait proposé un mois plus tôt pour l’église de Neuf-Brisach et qui ne fut pas suivi de réalisation. C'est sa première réalisation d’une tourelle centrale trilobée qui, élaborée dès 1733 avant même le décès de son père, est une sorte de signature sur beaucoup de ses instruments. La décoration sculptée est sous-traitée à Johann August Nahl (1710-1781) et la serrurerie à Mossmann, un artisan colmarien. Dans ses carnets, Silbermann dit avoir travaillé aux tuyaux de façade en août 1737. L’instrument est achevé en atelier à la fin de l’automne. Il est chargé le 21 novembre 1737 sur deux bateaux remontant l’Ill jusqu’à Colmar. Le montage est assuré par Johann Andreas Silbermann et son frère Johann Daniel entre le 24 novembre et le 21 janvier de l’année suivante.
En 1742, l’instrument est accordé par les deux frères Johann Daniel et Johann Heinrich Silbermann. Les moniales sont tellement satisfaites de leur orgue qu’elles font ajouter un troisième clavier, un Positif de dos de six jeux, en 1743. Pour compléter le Grand-Orgue qui possède quasiment une composition de Positif, le Positif de dos est conçu un peu à la manière d’un Récit, avec un jeu de Tierce sur toute l’étendue du clavier, dont le 4’ est une Flûte conique dans les dessus. La Quinte 2 2/3' et la Doublette 2' sont partiellement en façade, complétées d’un dessus de Trompette. La décoration est cette fois sous-traitée au sculpteur colmarien Anton Ketterer I (1692-1748). Le Positif est monté entre le 13 et le 29 mai par les frères Johann Andreas et Johann Heinrich Silbermann, aidé d’un compagnon et il est joué pour la première fois le 2 juin 1743, dimanche de la Pentecôte.
L’instrument est régulièrement accordé. Un premier relevage intervient entre le 25 octobre et le 27 octobre 1751, par Johann Andreas aidé d'un compagnon. En août 1760, Johann Andreas revient avec un compagnon pour nettoyer l’instrument, astiquer la façade, accorder l’instrument et recuirer les aines des soufflets, ce qui montre que l’orgue était beaucoup utilisé par les moniales. En 1767, le facteur Killian Weinbert Bussy (1745-1805) accorde l'orgue, mais l'organiste Theobald Eppel découvre en septembre 1768 que pour changer le tempérament, Bussy n’avait pas hésité à couper les tuyaux et l’on trouvait encore dans l’orgue les rognures de métal des tuyaux ou des cheminées.
À la Révolution, le couvent est fermé et l'orgue est mis aux enchères le 29 septembre 1792. Victor Wittmann emporte les enchères en versant 3 650 livres. Aussitôt celui-ci le vend pour plus de 4 500 livres à la commune d'Eschentzwiller. C'est le facteur Jean-Joachim Henry (1739-1804) et son fils Joseph (1764-1841), établis à Thann, qui sont responsables de remonter l’orgue à Eschentzwiller. Pour la somme de 805 livres, ils acceptent d'exécuter quelques modestes améliorations. Il est néanmoins possible que, dès cette date, le grand buffet ait été modifié et que la Quinte 2 2/3 du Positif ait été décalée en Prestant 4'. En 1817, le facteur Conrad Bloch, d'Aesch (Suisse), nettoie et accorde l'instrument. Des réparations sont effectuées à la soufflerie en 1822 et en 1835.
En 1848, le facteur Johann Fridolin Burger (1791-1874), de Laufon (Suisse), reconstruit l'orgue en effectuant les travaux suivants : la suppression totale de la division de l’Écho, le déplacement du sommier et des tuyaux du Positif derrière le grand buffet et installation d’une console indépendante dans le buffet du Positif (confection d'une nouvelle laye et d'un nouvel abrégé), l'ajout de deux chapes et de cinq notes au sommier du Positif, la construction d’un sommier neuf pour le Grand-Orgue, de 54 notes, la construction d’un sommier neuf pour la pédale, de 25 notes, l'élargissement du grand buffet, l'ajout de 9 notes pour chaque jeu de Silbermann réutilisé et l'installation de 12 jeux neufs.
Des réparations sont entreprises en 1862, pour 275 francs, et en 1863, pour 551,05 francs, confiées cette fois à Jean-Frédéric Verschneider (1810-1884). En 1876, 600 marks sont versés à un facteur non nommé, pour un renouvellement du soufflet. Une autre réparation anonyme est citée en 1884-1885, pour 240 marks.
Le 5 septembre 1895, le facteur Joseph-Antoine Berger (1850-1911), de Rouffach, est payé 500 marks pour réparer en profondeur de l’orgue, 50 marks pour réparer du soufflet, 120 marks pour installer deux claviers manuels neufs et 30 marks pour installer un pédalier neuf, ainsi que 30 marks pour installer de nouveaux pommeaux de tirants de registres avec porcelaines pour les inscriptions.
Une réparation est décidée en 1914. Elle devait être confiée à un certain Koller, de Lörrach (Allemagne), mais, en raison du conflit, elle ne se réalise pas.
Le 1er mars 1917, les tuyaux de façade sont réquisitionnés par l’administration allemande : 89 tuyaux pesant 133,8 kilos (295 livres) donnant droit à une indemnité de 904,70 marks. En 1920, le facteur Joseph Rinckenbach répare le soufflet pour 85 francs et, en 1923, il remplace, en zinc, les tuyaux de façade et exécute d'autres réparations, le tout pour la somme de 1 000 francs.
Le 25 mars 1928, le Conseil examine trois devis, deux de Roethinger et un de Berger, pour environ 10 000 francs, et regrette que l’on ne puisse doter l’instrument d’une transmission pneumatique, ce qui serait revenu à environ 50 000 francs. En juin 1930, le facteur Alfred Berger (1885-1949) répare l’orgue pour la somme 11 475 francs. Outre de nouveaux tuyaux de façade en zinc, il pose deux jeux neufs, une Voix céleste au Positif et un Violoncelle à la Pédale. Il installe un ventilateur électrique.
Lors de la réfection du plafond de l’église en juin-juillet 1952, du plâtre et autres gravats tombent dans l’instrument et plusieurs tuyaux sont même écrasés par la chute de planches d’échafaudage. L'assurance du plâtrier consent à verser 300 000 francs. Le 24 mai 1953, le facteur Alfred Kern (1910-1989) propose une transformation profonde de l'instrument. Celle-ci est révisée et acceptée le 29 septembre 1953. Elle comporte le remplacement du Bourdon 8' du Positif par un Nazard 2 2/3', la transformation de la Schweizerflöte 4' en Doublette 2', le remplacement de la Voix céleste 8' par une Cymbale 3 rangs, le renouvellement de la Trompette 8' du Grand-Orgue, le remplacement du Basson-Hautbois par un Cromorne. Ces travaux sont réalisés durant l'hiver 1954 au coût de 460 000 francs. Les deux jeux d’anches proposés ne sont pas réalisés et les jeux anciens sont déposés à la sacristie en raison de leur piètre état, avant de disparaître durant les années suivantes. Un régulateur anti-secousses est ajouté sous le sommier du Grand-Orgue. L’instrument rénové est inauguré le 28 mars 1954 par Joseph Mona, de Mulhouse.
En 1962, la maison Kern propose à nouveau la confection d’une Trompette et d’un Cromorne pour la somme de 2 450 nouveaux francs. Mais rien ne se fait. En 1986, de nouveaux dommages sont causés à la tuyauterie du Positif lors de travaux de peinture. La maison Kern soumet, le 27 février 1986, un devis de relevage se chiffrant à 94 000 francs incluant la pose d'une Trompette et d'un Basson-Hautbois, soit neufs, soit d’occasion.
La même journée que le dépôt du devis, une demande de classement des orgues au titre des Monuments historiques est formulée auprès de la Commission supérieure des Monuments historiques qui émet un avis favorable le 10 octobre 1986 et la partie instrumentale est classée le 16 octobre 1987.
Sans attendre l'autorisation officielle de la Commission, le Conseil de ville signe, le 11 avril 1988, un contrat avec la maison Kern, sur les conseils de Jean-Christophe Tosi, expert au conseil général du Haut-Rhin. Pour un montant de 252 173 francs, il est prévu un relevage de l’instrument, accompagné de la pose d’une Trompette neuve au Grand-Orgue, le remplacement de la Voix céleste 8' du Positif par une Tierce 1 3/5', la pose d’un Cromorne neuf au Positif, et le remplacement du Violoncelle 8' de Pédale par un Clairon 4'.
La tuyauterie est démontée au cours de l’été 1988. En cours de chantier, Daniel Kern propose le remplacement en étain des tuyaux de façade en zinc, pour 95 000 francs. Pour ces travaux complémentaires, le Conseil de ville demande, le 4 octobre 1988, une subvention aux Monuments historiques. Apprenant que des travaux sont en cours sur cet orgue classé, sans autorisation des Monuments historiques, le préfet ordonne, le 24 octobre 1988, un arrêt sans délai du chantier et l’envoi du projet de restauration pour examen par la Commission supérieure des Monuments historiques. Le 9 décembre 1988, la Commission donne son aval au projet, mais sans les tuyaux de façade et les travaux reprennent pour se terminer au printemps 1989. L'instrument est inauguré le 25 juin 1989 par Daniel Maurer, organiste à Mulhouse. Peu après, un plafond et un panneau arrière sont posés par Kern au Positif pour la somme de 3 800 francs.
En juin 1993, la maison Kern revient à la charge pour le remplacement en étain des tuyaux de façade, mais cette proposition essuie un refus. Le Conseil de ville relance cette demande en 2000 en transmettant un devis de Kern daté de 1997. L’accord est obtenu et de nouveaux tuyaux de façade sont posés durant l’été 2000 au coût de 126 500 francs.
En 2009, de nouveaux travaux de peinture dans l’église provoquent des bosses et des projections de peinture sur ces tuyaux de façade tout neufs… Ces dommages sont réparés par Jean-Christian Guerrier, le remplaçant de la maison Kern pour l’entretien de l’instrument.
Les travaux de 1989, complétés en 2000, ne donnent pas satisfaction et l’orgue présente divers défauts. Bien que majoritaire et très bien conservée, la tuyauterie de Silbermann a été systématiquement recoupée et ne sonne pas dans son harmonie d'origine, en raison de l’alimentation en vent et de la taille des gravures du sommier. Il en est de même pour la qualité du vent qui est très discutable, en raison de la console indépendante et de la mixité des systèmes de transmission (mécanique suspendue au Positif et non suspendue au Grand-Orgue). Le toucher des claviers est assez dur et devient quasiment injouable lorsque les claviers sont accouplés. L’état de l'orgue hérité de la fin du XXe siècle est un état hybride et peu satisfaisant, avec une structure du milieu du XIXe siècle cohabitant avec des jeux refaits à la manière baroque. Enfin, le dessin d’origine des buffets de Silbermann est un modèle d’élégance et de proportions, le buffet actuel est indéniablement plus lourd et plus disproportionné d'où le souhait à un retour aux équilibres originels.
Une étude préalable est réalisée en 2012 par Christian Lutz qui recommande la reconstitution de l'état de 1743. Le projet est approuvé par la Commission nationale des Monuments historiques le 18 octobre 2012, le seul compromis étant l’ajout d’une tirasse du Grand-Orgue, qui n’existait pas dans l’instrument d’origine. Le contrat est adjugé à l'automne 2013 à Quentin Blumenroeder pour un montant de 303 342 euros. Les travaux de restauration se déroulent de novembre 2014 à septembre 2016.
Le buffet retrouve son élégance première, même si les pots à fleurs du Positif se trouvaient au grand buffet à l'origine. Les tuyaux anciens sont rallongés pour retrouver le diapason en si bémol. Les tuyaux neufs sont confectionnés selon les techniques de Silbermann, en métal martelé pour les plus grands et laminé pour les petits. Les jeux d'anches sont tous neufs, copiés à Saint-Quirin (Cromorne), Ebersmunster (dessus de Trompette au Grand-Orgue) et Saint-Thomas de Strasbourg (Trompette de Pédale). Des sommiers d'origine, il ne reste que celui du Positif. Les autres sont copiés à Soultz-les-Bains (Grand-Orgue), Saint-Quirin (Écho) et Altorf (Pédale). La fenêtre des claviers est entièrement neuve, la mécanique intègre quelques fragments de Silbermann dans les vergettes et les bras de rouleaux de jeux. La soufflerie cunéiforme à trois soufflets de 5 1/2' sur 3' est reconstituée sur les modèles conservés de l'école de Silbermann.
L'instrument est inauguré les 16 et 18 septembre 2016 par Benjamin Allard, avec le concours du Choeur des Trois Frontières, dirigé par Jean-Marie Curti.
Le buffet a été classé à titre de Monument historique le 9 octobre 2015. Sur 1 060 tuyaux actuels, l'orgue en compte encore 631 d'origine.
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Eschentzwiller is a village in the suburb of Mulhouse located in the Haut-Rhin department in Alsace.
The Church
The presence of a church is mentioned for the first time in 1192. It was sponsored by the St. Amarin Collegiate Church's chapter canons. In the 15th century (around 1495), a fortified church was built with a medieval tower provided with loopholes.
The nave and the chancel were rebuilt in 1758. Heightened in 1866, the tower is a vestige from the former building. At the Revolution, the church was closed in 1794.
The tower and the portal were classified as objects in the Historical Monuments register on July 21st, 1996.
The Organ
The first organ in the Unterlinden Dominican Sisters convent in Colmar, as mentioned in the archives, was not installed before 1594, when organbuilder Hans Werner Mudderer, operating in Fribourg-en-Brisgau from 1571 till 1622, installed a small organ which Silbermann later described as « old small positive – altes Positivlein ».
In 1731, the nuns contacted with organbuilder Andreas Silbermann (1678-1734) to rebuild their gallery organ, a larger instrument, but dilapidated, reusing part of the existent pipework. Silbermann refused the contract because he did not have time and did not want to reuse the existing pipework. The called upon a German organbuilder, a Swabian craftsman from Rottweil, who built a new oak organcase, whose heavy facade is drawn in Silbermann archives, and a new windchest reusing most of the existing pipework. When the first three stops were installed, the nuns realized that the organbuilder was incompetent, they dismissed him and they called upon Jean-Baptiste Waltrin, son of a Strasbourg organbuilder, then operating in Haute-Alsace. He cut the windchest in two sections, he took down the four bellows (6’ by 2’ 7") which until then were installed on a small gallery, he installed three of them in the organcase basement and the fourth one in an alcove pierced in the wall. But in spite of the help from his father Joseph, Jean-Baptiste Waltrin managed to have the organ in operation for no more than ten weeks and the 16th-century small positive was called back to work. Confronted with this disaster, the nuns rapidly contacted the Silbermanns, this time with Andreas' son, Johann Andreas Silbermann (1712-1783).
When he accepted, for the sum of 1,500 crowns, on November 18th, 1736, the commission from the Unterlinden Dominican Sisters for a new organ, Johann Andreas Silbermann was only 24 years old, a young craftsman, whose father, Andreas, died on March 16th, 1734, and as family elder, was appointed head of an important organbuilding workshop. This trust is probably explained by the successful completion of the organ installed in the Dominican's Convent in Colmar, during the summer of 1726, by Andreas Silbermann with the help of his son, Johann Andreas.
For the organcase elevation, Silbermann referred to the drawings he had offered, one month earlier, for the church in Neuf-Brisach and which was not produced. It was his first use of a trefoiled central turret designed in 1733 even before his father's death. It is a kind of signature on many of his instruments. Sculpted decoration was subcontracted to Johann August Nahl (1710-1781) and the metalwork 10 Mossmann, a craftsman from Colmar. In his sketchbooks, Silbermann mentions having worked on the facade pipework in August 1737. The instrument was completed in the workshop at the end of the autumn. It was loaded on November 21st, 1737, on two boats taking back up the Ill River to Colmar. The assembly was carried out by Johann Andreas Silbermann and his brother Johann Daniel between November 24th and January 21st of the following year.
In 1742, the instrument was tuned by both Johann Daniel and Johann Heinrich Silbermann. The Sisters were so much satisfied of their organ that they had a third manual installed, a 6-stop back Positif, in 1743. To supplement the Grand-Orgue which had practically the tonal structure of a Positif, the back Positif was designed like a Récit (Swell), with a Tierce stop throughout the compass, a 4' conical Flute in the treble while the 2 2/3' Quinte and the 2' Doublette 2 were partly installed in the facade. A Trompette in the treble completed the stoplist. The organcase decoration was this time subcontracted to sculptor Anton Ketterer I (1692-1748), of Colmar. The Positif was installed between May 13th and May 29th by Johann Andreas and Johann Heinrich Silbermann, helped by a journeyman. It was inaugurated on June 2nd, 1743, on Whitsunday.The instrument was regularly tuned. A first renovation was carried out between October 25th and October 27th, 1751, by Johann Andreas with the help of a journeyman. In August 1760, Johann Andreas came back with a journeyman to clean the instrument, to polish the facade, to tune the instrument and to releather the bellows. It shows that the organ was used a lot by nuns. In 1767, organbuilder Killian Weinbert Bussy (1745-1805) tuned the organ. Organist Theobald Eppel discovered in September 1768 that in order to modify the temperament, Bussy did not hesitate to cut out the pipes and leave metal clippings in the pipes or the chimneys.
In the Revolution, the convent was closed and the organ was put to auction on September 29th, 1792. Victor Wittmann won the auction by offering 3,650 pounds. Shortly after, he sold it for more than 4,500 pounds to the Eschentzwiller village. Organbuilder Jean-Joachim Henry (1739-1804) and his son Joseph (1764-1841), operating in Thann, were responsible for installing the organ in Eschentzwiller. For 805 pounds, they agree to carry out some small modifications. However, it is possible that, on the same occasion, the large organcase was modified and that the Positif's 2 2/3' Quinte was rescaled as a 4' Prestant. In 1817, organbuilder Conrad Bloch, of Aesch (Switzerland), cleaned and tuned the instrument. Repairs were carried out to the wind system in 1822 and in 1835.
In 1848, organbuilder Johann Fridolin Burger (1791-1874), of Laufon (Switzerland), rebuilt the organ: the Echo division was completely removed, the Positif's windchest and pipework were moved to the back of the main organcase and a detached console was installed in the now-emptied Positif case (including the construction of a new pallet box and of a new rollerboard), the addition of two toe boards and five notes to the Positif's windchest, the construction of a new 54-note windchest for the Grand-Orgue, the construction of a new 25-note windchest for the Pedal, the enlargement of the main organcase, the addition of 9 notes to every reused Silbermann stop and the installation of 12 new stops.
Repairs were carried out in 1862, for 275 francs, and in 1863, by Jean-Frederick Verschneider (1810-1884), for 551 francs. In 1876, 600 marks were paid to an unnamed organbuilder to restore the bellows. Another anonymous repair was carried out in 1884-1885, for 240 marks.
On September 5th, 1895, organbuilder Joseph-Antoine Berger (1850-1911), of Rouffach, was paid 500 marks to completely repair the organ, 50 marks to repair the bellows, 120 marks to install two new manual keyboards and 30 marks to install a new pedalboard, as well as 30 marks to install new stopknobs with porcelains.
Repairs works were scheduled in 1914. They were to be entrusted to a certain Koller, of Lörrach (Germany), but, owing to the war conflict, they were not executed.
On March 1st, 1917, the facade pipework was requisitioned by the German administration: 89 pipes weighing 295 lb (133.8 kg) giving a compensation right of 904.70 marks. In 1920, organbuilder Joseph Rinckenbach repaired the bellows for 85 francs and, in 1923, he replaced the facade pipework with zinc pipes and carried out other repairs, for a total of 1,000 francs.
On March 25th, 1928, the Council examined three proposals, two by Roethinger and one by Berger, for about 10,000 francs, and regrets that the instrument could not be provided with a pneumatic action that would cost about 50,000 francs. In June 1930, organbuilder Alfred Berger (1885-1949) repaired the organ at the cost of 11,475 francs. Besides new zinc pipework in the facade, he installed two new stops: a Voix céleste in the Positif and a Violoncelle in the Pedal. He also installed an electric fan.
During the restoration of the church ceiling in June-July 1952, plaster and other debris fell in the instrument and several pipes were even crushed by the fall of scaffolding boards. The plasterer's insurer agreed to pay 300,000 francs. On May 24th, 1953, organbuilder Alfred Kern (1910-1989) proposed a complete transformation of the instrument. The proposal was reviewed and accepted on September 29th, 1953. It included the replacement of the Positif 8' Bourdon by a 2 2/3' Nazard, the transformation of the 4' Schweizerflöte into a 2' Doublette, the replacement of the 8' Voix céleste by a III-rank Cymbale, a new Grand-Orgue 8' Trompette, the replacement of the Bassoon-Oboe by a Crumhorn. These works were executed during winter 1954, at the cost of 460,000 francs. The two new proposed reed stops were not built and the old pipework was stored in the sacristy owing to their poor condition, before disappearing in the following years. A winker was added under the Grand-Orgue windchest. The renovated instrument was inaugurated on March 28th, 1954, by Joseph Mona, of Mulhouse.
In 1962, the Kern firm again proposed to build a new Trompette and a Crumhorn for 2,450 new francs. Nothing happened. In 1986, new damage was caused to the Positif pipework during paintwork. The Kern firm proposed, on February 27th, 1986, a renovation project amounting to 94,000 francs including the installation of a Trompette and a Bassoon-Oboe, either new, or second-hand.
On the same day as the proposal was submitted, a request to include the organ in the Historic monuments register was sent to the High Commission for Historical Monuments who issued a favorable recommendation on October 10th, 1986, and the instrument was classified on October 16th, 1987.
Without waiting for the official approval from the Commission, City Council signed a contract, on April 11th, 1988, with the Kern firm, upon the recommendation by Jean-Christophe Tosi, expert in the Haut-Rhin General Council. For 252,173 francs, the renovation of the instrument included the installation of a new Grand-Orgue Trompette, the replacement of Posirif 8' Voix céleste by a 1 3/5' Tierce, the installation of a new Crumhorn in the Positif, and the replacement of the Pedal 8' Violoncelle by a 4' Clairon.
The pipework was removed during the summer of 1988. While works were going on, Daniel Kern offered to replace the facade zinc pipes by tin pipes, for 95,000 francs. For this additional work, the City Council asks the Historic Monuments Commission, on October 4th, 1988, for a subvention. Learning that works were under way on this classified organ, without approval by the Historic Monuments Commission, the prefect ordered, on October 24th, 1988, to immediately stop the works and to send the restoration plans for examination to the High Commission of Historic Monuments. On December 9th, 1988, the Commission endorsed the plan, but without the facade pipes. Works resumed and were completed in the spring of 1989. The instrument was inaugurated on June 25th, 1989, by Daniel Maurer, organist in Mulhouse. Shortly afterwards, a cover and a back panel were installed by Kern on the Positif organcase for 3,800 francs.
In June 1993, the Kern firm came back again for the replacement of the facade pipes, but this proposal was rejected. The City Council revived the request in 2000 by transmitting Kern's 1997 proposal. Consent was obtained and new facade pipes were installed during the summer of 2000 at the cost of 126,500 francs.
In 2009, new paintwork in the church caused bumps and paint spots on these new facade pipes. Damages were repaired by Jean-Christian Guerrier, the new head for the maintenance of the instrument.
The works carried out in 1989 and completed in 2000 was not satisfactory and the organ presented various defects. Although most of Silbermann's pipework was well preserved, it had been systematically cut again and did not sound in its original voice, owing to the wind system and the size of the windchest engravings, the quality of the wind was very debatable, owing to the detached console and the use of different action systems (suspended mechanical for the Positif and not suspended for the Grand-Orgue). The manual touch is rather heavy and becoming very hard and almost unplayable when manuals are coupled. The organ's inherited condition from the end of the 20th century is a hybrid and not very satisfactory, with a middle of the 19th-century structure existing with baroque-rebuilt stops. Silbermann's original organcase design was a model of elegance and proportions while the actual organcase is irrefutably heavier and more disproportional hence the wish to return to the original equilibrium.
A first study was carried out in 2012 by Christian Lutz who recommended the reconstruction to the 1743 condition. The project was approved by the National Commission for Historic Monuments on October 18th, 2012, the only compromise being the addition of one Grand-Orgue/Pedal coupler, which did not exist in the original instrument. The contract was entrusted in the fall of 2013 to Quentin Blumenroeder for a total of 303,342 euros. Restoration works took place from November 2014 till September 2016.
The organcase regained its first elegance, even if the Poaitif pots-à-fleurs were originally on the main organcase. Old pipework was extended to reach the B-flat diapason. The new pipes were produced according to Silbermann's techniques, in hammered metal for the larger ones and rolled metal for the small ones. The reed stops are all new, copied from St. Quirin (Crumhorn), from Ebersmunster (Grand-Orgue Trompette in the treble) and from St. Thomas in Strasbourg (Pedal Trompette). Only the Positif windchests are original. The others were copied from Soultz-les-Bains (Grand-Orgue), from St. Quirin (Écho) and from Altorf (Pedal). The attached console is completely new, the mechanical action includes some fragments of Silbermann's trackers and stop trundle arms. The three 5 1/2' by 3' wedge-bellows were reconstructed based on models preserved from the Silbermann school.
The instrument was inaugurated on September 16th and 18th, 2016 by Benjamin Allard, along with the Trois Frontières Choir, directed by Jean-Marie Curti.
The organcase was classified as Historical monument on October 9th, 2015. Out of the 1,060 actual pipes, 631 are original.
I. Positif de dos |
II. Grand-Orgue |
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|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 8' | Bourdon | 8' | |
| Flûte | 4' | Prestant | 4' | |
| Quinte | 2 2/3' | Flûte | 4' | |
| Doublette | 2' | Nazard | 2 2/3' | |
| Tierce | 1 3/5' | Doublette | 2' | |
| 1Trompette de récit | 8' | Tierce | 1 3/5' | |
| 1Cornet | V | |||
| Fourniture | III | |||
| 2Cromorne | 8' | |||
III. Écho |
Pédale |
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|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 8' | Octavenbass | 8' | |
| Prestant | 4' | Trompette | 8' | |
| Cornet | III | |||
| 1 | étendue / compass: 25 notes (c1-c3) | |
| 2 | basse et dessus / bass and treble: entre / between h-c1 |