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Stiehr-Mockers, 1853
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L'histoire de Riquewihr commencerait au VIe siècle au moment où un propriétaire franc dénommé Richo aurait exploité un domaine viticole sur le site, d'où le nom de « Rico villa ». On prétend aussi que la ville doit son nom à Richilde, nièce du pape Léon IX. Au cours des ans, le nom se transforme en « Richchenwilew » en 1094, « Richenweiler », « Richenwill » en 1540, « Reichenweier » en 1550.
Propriété des comtes d'Eguisheim-Dabo aux Xe et XIe siècles, Riquewihr, avec sa seigneurie, passe ensuite aux comtes de Horbourg qui, en 1291, entourent la cité d'une première fortification. Un document de 1320 mentionne pour la première fois le statut de « ville » de Riquewihr. En 1324, les comtes de Horbourg vendent la seigneurie au comte Ulrich de Wurtemberg. En 1397, le comte Eberhard II de Wurtemberg se fiance et épouse, 10 ans plus tard, avec l'héritière du comté de Montbéliard, Henriette de Montfaucon. La seigneurie de Riquewihr appartient dès lors aux comtes de Wurtemberg-Montbéliard. Elle va s'enrichir au XVIe siècle grâce au vignoble, mais connaît également des heures de misère : domination autrichienne, épidémies de peste. Le château est reconstruit en 1540, une seconde enceinte assure plus de sécurité à la ville qui devient ainsi résidence seigneuriale.
En 1495, le comté de Wurtemberg est élevé au rang de duché. Après avoir chassé les anabaptistes de ses domaines en 1532, le comte Georges de Wurtemberg permet, en 1534, l'introduction de la Réforme d'inspiration zwinglienne (suisse) par Érasme Fabricius et Mathias Erb. Après la mort du comte, en 1559, le duc Christophe de Wurtemberg, pour préserver l'unité religieuse dans ses possessions sur les deux rives du Rhin, introduit les enseignements du réformateur allemand Luther.
Durant la guerre de Trente Ans (1618-1648), Riquewihr souffre terriblement : pillages, rançons, épidémies, famine, mortalité, destructions.
L'influence française s'étendant en Alsace, Riquewihr est placée sous l'autorité royale de Louis XIV en 1680, tout en restant propriété des Wurtemberg-Montbéliard. À la Révolution de 1789, les habitants de Riquewihr se rallient à la République française. Les ducs de Wurtemberg-Montbéliard sont évincés lors du traité de Paris en 1796 et Riquewihr est définitivement rattachée à la France.
La ville ne subit pratiquement aucun dégât pendant les deux guerres mondiales.
L'église
Au Moyen Âge, Riquewihr était connu par le dicton « Drei Kirchen auf einem Kirchhofe », trois églises sur un cimetière :
Après l'introduction de la Réforme dans ses territoires par le comte Georges de Wurtemberg en 1534, l'église de pèlerinage est transformée en presbytère protestant, la chapelle de l'hôpital en école et le cimetière est déplacé hors les murs. Subsiste alors l'église paroissiale dès lors utilisée pour le culte protestant, puis à partir du 17 septembre 1685 à nouveau et simultanément par les catholiques. Au fil des années, l'église se lézarde et menace de s'écrouler. Trop vétuste et branlante puisqu'un pilier avait cédé, elle est désaffectée en 1833 et démolie en 1845. Elle est remplacée par deux nouvelles églises : l'une à l'usage des protestants construite de 1846 à 1859 au même emplacement, l'autre pour les catholiques, construite de 1846 à 1849 près de la "Porte-Neuve".
La nouvelle église protestante, l'actuel temple, est édifiée sur les restes de l'église paroissiale Sainte-Marguerite par les architectes Jean-François Giroy et François Louis Laubser, les mêmes qui réalisent également en 1846 l'église catholique à l'extérieur de l'enceinte fortifiée. De style dit "néo-classique", elle est une construction monumentale d'une grande simplicité structurale. De style dépouillé, voire un peu austère avec ses grandes ouvertures, elle vise une utilisation maximale de l'apport de la clarté. La façade présente deux niveaux divisés en trois parties, chacune occupée par une fenêtre en plein cintre. La travée centrale de la façade, légèrement en avant, accueille la porte d'entrée du temple, encadrée par deux pilastres ornés de chapiteaux à feuillages et volutes. La partie centrale est surmontée par une tour carrée de deux étages et un clocheton.
L'orgue
Depuis 1609, un instrument, construit par Hans Huodt, est présent dans la vieille église.
En 1781, un orgue neuf est commandé pour l'ancienne église mixte (protestante et catholique) au facteur d'orgues Christian Langes, originaire du Tyrol en Autriche et établi à Uffholtz dans le Haut-Rhin.L'instrument est installé en 1783. Le grand buffet présente une tourelle centrale à trois faces et deux tourelles latérales surmontées d'anges jouant du violon ou de la trompette. Il s'inspire de celui situé dans l'église Saint-Maurice de Soultz (Haut-Rhin) construit par Jean-André Silbermann en 1750.
À la suite de la Révolution, en 1805, Joseph Rabiny et François Callinet exécutent des travaux.
En 1845, juste avant la démolition de l'ancienne église, Claude-Ignace Callinet démonte l'instrument. En 1853, Joseph Stiehr et Louis Mockers, facteurs d'orgues à Seltz (Bas-Rhin), reprennent les restes de l'orgue et réparent le buffet aux jolies sculptures pour y installer un orgue neuf de trois claviers. L'instrument est inauguré le le 6 août 1853 par Charles Weckenthale, de Sélestat et Guillaume Henry Lorenz, de Sainte-Marie-aux-Mines.
En 1898, Louis Mockers répare l'instrument.
En 1917, les autorités allemandes réquisitionnent les tuyaux de façade. En 1928, Georges Schwenkedel la remplace avec des tuyaux en étain et non en zinc comme c'était l'habitude et procède à un nettoyage.
En 1958, Ernest Mihleisen procède à l'extension de la Pédale à 30 notes. À cette occasion, le Jeu céleste 4' du Positif est recoupé pour en faire une Tierce.
En 1985, Gaston Kern exécute un relevage de l'orgue et reconstitue le Jeu céleste raccourci en 1958. Ce superbe instrument est donc d'une authenticité rare.
Le tuyau le plus grave de la Contrebasse porte l'inscription originale « Filon Schel ». Hormis le caractère très phonétique et alsacien de cette inscription, elle nous apprend que la Contrebasse était dénommée Violoncelle dans les ateliers.
Le Récit est placé derrière le Grand-Orgue, la traction des notes se fait à l'aide d'un abrégé horizontal. La Pédale est placée derrière le buffet du Grand-Orgue.
La transmission des claviers est mécanique suspendue. La console est en fenêtre avec tirage des jeux mécanique par tirants de section carrée à pommeaux noirs. Les étiquettes sont d'origine. Les notes naturelles des claviers sont couvertes en os, d'origine. Le pédalier est de Mulheisen.
L'instrument comprend des pompes actionnées par les pieds.
La partie instrumentale classée en tant qu'objet aux registres des monuments historiques le 21 mars 1973. Quant au buffet, il est classé le 9 novembre 1973.
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The history of Riquewihr would begin in the 6th century when a Frankish owner named Richo would have run a winery on the site, where the name of "Rico villa". It is also believed that the city owes its name to Richilde, niece of pope Leo IX. Over the years, the name was transformed into "Richchenwilew" in 1094, "Richenweiler", "Richenwill" in 1540, "Reichenweier" in 1550.
Owned by the counts of Eguisheim-Dabo in the 10th and 11th centuries, Riquewihr, with its seigniory, went to the counts of Horbourg who, in 1291, surrounded the city with its first fortifications. A document dated in 1320 mentioned, for the first time, Riquewihr as a "city". In 1324, the counts of Horbourg sold the seigniory to count Ulrich of Wurtemberg. In 1397, count Eberhard II of Wurtemberg got engaged and married, 10 years later, the heiress of Montbéliard county, Henriette de Montfaucon. From there on, the Riquewihr seigniory belonged to the counts of Wurtemberg-Montbéliard. It will become rich in the 16th century thanks to vineyards, but will also live hours of misery: Austrian domination, plague epidemics. The castle was rebuilt in 1540, a second surrounding wall was built to better protect the the city which had become a manorial residence.
In 1495, Wurtemberg county as raised to the rank of dukedom. Having dispelled the Anabaptists of his domains in 1532, count Georges de Wurtemberg allowed, in 1534, the introduction of the Zwinglian Reform (Swiss) by Erasme Fabricius and Mathias Erb. After the count's death, in 1559, duke Christophe of Wurtemberg, to preserve religious unity among his properties on both banks of the Rhine, introduced the German Lutheran Reform.
During the Thirty Years War (1618-1648), Riquewihr suffered considerably: lootings, ransoms, epidemics, famine, mortality, destruction.
The French influence spreading in Alsace, Riquewihr was put under the royal authority of Louis XIV in 1680, while remaining owned by the Wurtemberg-Montbéliards. At the Revolution, in 1789, the residents of Riquewihr joined the French Republic. Under the Treaty of Paris, in 1796, the dukes of Wurtemberg-Montbéliard were evicted and Riquewihr was definitely attached to France.
The city pratically suffered no damage during both World Wars.
The church
In the Middle Ages, Riquewihr was known as "Drei Kirchen auf einem Kirchhofe", three churches over a cemetery:
After the introduction of the Reform in his properties by count Georges de Wurtemberg in 1534, the pilgrimage church was transformed into a Protestant presbytery, the hospital chapel became a school and the graveyard was moved outside the city walls. The parish church was used for Protestant worship and, from September 17th, 1685, simultaneously by the Catholics. Over the years, the church cracked and threatened to collapse. Too dilapidated and unstable since a pillar had given in, it was disused in 1833 and demolished in 1845. It was replaced with two new churches: one for the Protestants built from 1846 till 1859 on the same site, and one for the Catholics, built from 1846 till 1849 near the "Porte Neuve".
The new Protestant church, the actual temple, was built on St. Marguerite church's remains by architects Jean-François Giroy and François Louis Laubser, the same who also built the Catholic church in 1846 outside the city walls. It is a monumental neo-classical building with a straightforward structure. Of bare style or even a bit severe with its large openings, it aims at maximizing the use of exterior light. The facade features two levels divided into three parts, each housing a semi-circular window. The central bay of the facade, lightly brought forward, features the main entrance door, flanked by two pilasters adorned with capitals with foliages and volutes. The central section is topped by a square two-storeyed tower and a bell-turret.
The Organ
There was an instrument built by Hans Huodt in the old church since 1609.
In 1781, a new organ was ordered for the former mixed church (Protestant and Catholic) from organbuilder Christian Langes, a Tyrol native in Austria and established in Uffholtz in the Haut-Rhin. The organ was installed in 1783. The main organcase featured a three-face central turret and two lateral turrets topped by angels playing the violin or the trumpet. It was based on the one located in St. Maurice church in Soultz (Haut-Rhin) built by Jean-André Silbermann in 1750.
After the Revolution, in 1805, Joseph Rabiny and François Callinet worked on the instrument.
In 1845, just before the demolition of the old church, Claude-Ignace Callinet removed the instrument. In 1853, Joseph Stiehr and Louis Mockers, organbuilders in Seltz (Bas-Rhin), reused what was left of the organ, repaired the organcase and installed in it a new three-manual instrument. The instrument was inaugurated on August 6th, 1853 by Charles Weckenthale, of Sélestat and Guillaume Henry Lorenz, of St. Marie-aux-Mines.
In 1898, Louis Mockers repaired the instrument.
In 1917, German authorities requisitioned the facade pipes. In 1928, George Schwenkedel replaced them using tin and not zinc as it was usually done and carried out a cleaning.
In 1958, Ernest Muhleisen extended the Pedal compass to 30 notes. At the same time, the Jeu céleste 4' in the Positif was cut into a Tierce.
In 1985, Gaston Kern carried out a restoration and reconstructed the Jeu céleste shortened in 1958. This superb instrument is therefore of a rare authenticity.
The lowest Contrabasse pipe carries the original inscription "Filon Schel". Apart from the very phonetic and Alsatian character of this inscription, it tell us that the Contrabasse was named Violoncelle in the workshops.
The Swell is located behind the Grand-Orgue, the key raction uses a horizontal rollerboard. The Pedal is located behind the main organcase.
The mechanical key action is suspended. The console is attached and uses a mechanical stop action with square drawstop rods and black knobs. The stop labels are original. Natural keys are covered with bone. The pedalboard is from Mulheisen.
The instrument still has foot-activated pumps.
The instrument was classified as object in the Historic monuments registers on March 21st, 1973. The organcase was classified on November 9th, 1973.
I. Positif de dos |
II. Grand-Orgue |
|||
|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 8' | Bourdon | 16' | |
| Salicional | 8' | Montre | 8' | |
| Flûte traversière | 8' | Bourdon | 8' | |
| Montre | 4' | Flûte majeure | 8' | |
| Flûte conique | 4' | Cor des Alpes | 8' | |
| Jeu céleste | 4' | Viole de gambe | 8' | |
| Flageolet | 2' | Prestant | 4' | |
| Cromorne | 8' | Flûte à cheminée | 4' | |
| Nazard | 2 2/3' | |||
| Doublette | 2' | |||
| Cornet | V | |||
| Fourniture 1 1/3' | IV | |||
| Trompette | 8' | |||
| Basson/Hautbois | 8' | |||
III. Écho |
Pédale |
|||
|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 8' | COntrebasse | 16' | |
| Salicional | 8' | Flûte | 8' | |
| Fugara | 4' | Violoncelle | 8' | |
| Voix humaine | 8' | Flûte | 4' | |
| Ophicléide | 16' | |||
| Trompette | 8' | |||
| Clairon | 4' | |||