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Verschneider, 1876
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Historique
Le nom Alsace apparait une première fois dans une chronique de l'an 610, faisait partie du royaume franc, puis de l'empire carolingien. Après le traité de Verdun en 843 partageant l'empire de Charlemagne entre ses trois fils, la région connaît une période trouble. Il faut attendre Otton le Grand, couronné empereur d'Allemagne en 962 pour retrouver paix et prospérité. S'appuyant sur l'Église et surtout sur les évêques pour consolider sa puissance, Otton et ses successeurs comblent ces derniers de donations et de privilèges. Ils s'appliquent aussi à restaurer les abbayes et à en fonder de nouvelles.
Le duc d'Alsace nomme deux comtes pour administrer le Nordgau et le Sundgau. Vers l'an mil, Hughes IV d'Eguisheim est comte du Nordgau. Un de ses trois fils, Bruno, devient pape sous le nom de Léon IX. Un autre, sous le nom de Hughes VI construit de nombreux couvents, abbayes et châteaux forts. Il meurt en 1045. Son épouse, Mathilde, fait construire le couvent de Woffenheim (Sainte-Croix-en-Plaine) où il est enseveli. Pour assurer des revenus à cette nouvelle fondation, elle dote le couvent de terres. Dans cette donation figure pour la première fois le nom de Hohenroderen. Cette charte de 1090 énumère le cens annuel que les villageois doivent payer pour avoir le droit d'exploiter la terre de leur maître, l'abbaye de Woffenheim.
À Hohenrodern il y a deux maîtres : celui à qui appartient la terre, la famille des Eguisheim et celui qui l'exploite, l'abbaye de Woffenheim, puis le couvent d'Oelenberg.
Ulrich, le dernier des fils de Gérard d'Eguisheim, décède en 1144 sans héritier. Sa soeur est la seconde épouse de Frédéric Ier de Ferrette. Les Ferrette et les Dagsbourg se partagent sa succession et dirigent les destinées jusqu'en 1271 où toutes les possessions sont vendues à l'évêque de Bâle, Henry de Neuchâtel, tout en conservant la gérance des terres. En 1321, par héritage, les terres passent dans les mains du duc d'Autriche, Albert II de Hasbourg.
En 1361, Rodolphe IV rattache des villages à la ville de Thann provoquant ainsi leur disparition. Hohenroden résiste à cette pression. Peste noire, tremblements de terre et famines ravagent le pays en 1353, 1356 et 1364.
En 1365, une bande de mercenaires, les Grandes Compagnies, connues sous le nom "les Anglais" sème la ruine et la misère dans la région. En 1375, un nouvel assaut de troupes appelées "les autres Anglais" réduit toute la région à feu et à sang. Après une courte incursion en Suisse et repoussés par les Confédérés, ils reviennent en automne 1377 et continuent à tout dévaster. Par la suite, le village est reconstruit et la paix s'installe jusqu'en 1468, année où les Confédérés suisses entrent et détruisent tout. Hohenrodern est pillé et brûlé. En 1469, le duc de Bourgogne est autorisé par le traité de St Omer à racheter toutes les possessions engagées. La paix règne jusqu'en 1472, où, après une guerre interne, Sigismond, duc d'Autriche, offre l'argent pour racheter les terres engagées.
En avril 1525, la guerre des paysans éclate. En moins d'une année, tout prend fin. Au passage, les paysans perdent de nombreux droits et coutumes et leur situation est pire qu'avant.
Au cours de la guerre de Trente Ans, entre 1633 et 1635, le village est pillé, tantôt par les Impériaux, tantôt par les Suédois et tantôt par les Français. En 1648, les traités de Westphalie rétablissent la paix et garantissent aux protestants leurs possessions. Ce traité donne à la France les possessions des Habsbourg.
En 1658, le cardinal de Mazarin reçoit de Louis XIV, en récompense de ses bons et loyaux services, le comté de Belfort et les seigneuries de Delle, Thann et Altkirch. L'année suivante, à la fin de la guerre d'Espagne, s'ajoutent Ferrette et Issenheim. Voilà Mazarin en possession de tout l'héritage des Habsbourg. Cette situation se poursuit jusqu'à la Révolution.
L'église
Une première église est mentionnée en 1120. Détruite en 1468, elle est reconstruite. La bénédiction du choeur et de l'autel de l'église a lieu le 29 août 1512. Après avoir été détruite en 1376, elle est reconstruite en 1468.
En 1667, le village est rattaché au doyenné de Masevaux pour le spirituel. En 1716, une chapelle est construite sur l'emplacement d'une statue de la Vierge élevée en 1650 au lieu-dit "Rain". Dès 1746, la chapelle devient lieu de pèlerinage en remplacement de celui de Gildwiller.
Dès 1845, les villageois espèrent construire une nouvelle église, soit en agrandissant l'ancienne, soit en construisant un nouvel édifice, à un autre emplacement suivant le voeu du curé et d'une partie des habitants. Le maire désire reconstruire sur le même emplacement en conservant la tour de l'ancienne église, le curé voudrait qu'on construise le nouvel édifice au milieu du village. C'est finalement ce qui est fait. Les plans d'un nouvel édifice sont élaborés en 1852 par l'architecte Diogène Poisat, de Belfort. Les coûts estimés sont de 73 364 francs. La construction débute en 1852 et est complétée en 1859. La réception définitive des travaux a lieu le 6 décembre 1861. Quelques éléments de l'ancienne église sont incorporés dans le nouvel édifice : quatre hauts-reliefs au rez-de-chaussée de la tour, une pierre encastrée dans un contrefort du choeur portant les dates 1708 et 1858, et la porte nord du choeur donnant dans la sacristie. Les trois tympans de la façade sont sculptés par Karl Hils, de Thann, en 1905.
L'ancienne église est démolie en 1858.
En 1944, des obus atteignent l'église détruisant les vitraux sud de la nef lesquels furent remplacés en 1946.
L'église a été consacrée le 10 août 1952.
L'orgue
De tous les instruments construits par les frères Verschneider, celui de Roderen est l'un des mieux conservés, que ce soit en Alsace ou sur l'ensemble du territoire français. Il s'agit donc d'un témoin particulièrement précieux de la manière de ces facteurs d'orgues lorrains. Il a traversé plus d'un siècle d'existence sans subir de modification notable et, depuis sa création, il n'a fait l'objet que de travaux d'entretien.
En 1876, le facteur Jean-Frédéric Verschneider, de Puttelange, construit cet orgue logé dans un superbe buffet néo-gothique au coût de 10 300 francs. Certains tuyaux pourraient provenir de l'orgue de l'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Landser où Verschneider travailla en 1869. L'instrument est reçu le 22 octobre 1876.
Réparé en 1888 et 1889 par H. Wilshaber et nettoyé en 1975 par Pierre Huguin, de Champ-le-Duc, il subit un relevage en 1982 par Christian Guerrier. L'inauguration a lieu le 9 mai 1982.
En 2011, l'orgue est dans un état préoccupant, avec des problèmes récurrents de fonctionnement, particulièrement liés au vieillissement et à l'usure de la mécanique des claviers, du pédalier et des jeux, mais également à la dégradation des sommiers. Pour remédier à cette situation et éviter une dégradation irrémédiable, une restauration en profondeur est commandée. Les travaux sont confiés à Nicolas Martel, de Montmirey-le-Château (Jura). L'orgue restauré est bénit par Mgr Christian Kratz, évêque auxiliaire de Strasbourg, le 10 mars 2013 et le concert d'inauguration a lieu le 26 mai 2013 par Mathieu Freyburger.
Les sommiers sont à gravures. Le sommier du Récit est placé à la même hauteur que celui du Grand-Orgue, entre celui-ci et la Pédale, placée au niveau du sol. La transmission est mécanique à balanciers et équerres. La console est en fenêtre avec tirants de section circulaire. La pédale d'expression pour le Récit remplace une pédale à crans. La Pédale n'a que 18 notes quoique le pédalier en possède 30.
Cet orgue n'est pas classé au titre des Monuments historiques, mais il présente un intérêt patrimonial évident par son authenticité et par sa qualité sonore. À part la façade et le pédalier ainsi que du ventilateur électrique, l'orgue est entièrement authentique.
[cliquer sur l'image ou ici pour obtenir une version agrandie]
History
The name Alsace was used the first time in a chronicle in 610. It was part of the Frankish kingdom and later the Carolingian empire. After the Treaty of Verdun in 843 dividing Charlemagne's empire among his three sons, the region went through a troubled period. It was necessary to wait for Otton the Great, crowned emperor of Germany in 962, to find peace and prosperity. Leaning on the Church and especially on the bishops to consolidate his power, Otton and his successors gratified them with donations and privileges. They also participate in the restoration of abbeys and to establish new ones.
The Duke of Alsace appointed two counts to manage Nordgau and Sundgau. Around year 1000, Hughes IV of Eguisheim was count of Nordgau. One of his three sons, Bruno, became pope under the name of Leo IX. Other one, Hughes VI built several convents, abbeys and fortified castles. He died in 1045. His spouse, Mathilde, built Woffenheim abbey (St. Croix-en-Plaine) where he is buried. To assure income for this new abbey, she endowed the abbey with lands. The name of Hohenroderen was mentioned for the first time in this donation. The 1090 charter listed the annual tax, the villagers had to pay their owner, Woffenheim abbey, for the right to exploit the land.
In Hohenrodern there were two masters: the one to whom the land belonged, the Eguisheim family, and the one who exploited it, Woffenheim abbey and later, Oelenberg convent.
Ulrich, the last son of Gerard d'Eguisheim, died in 1144 without heir. His sister was the second spouse of Frederic Ier de Ferrette. Ferrettes and Dagsbourgs shared his succession and managed it until 1271 when all the properties are sold to the bishop of Basel, Henry de Neuchâtel, while keeping the management of lands. In 1321, by inheritance, lands went into the hands of the duke of Austria, Albert II de Hasbourg.
In 1361, Rodolphe IV merged villages to the city of Thann causing, at the same time, their disappearing. Hohenroden resisted to this pressure. Black plague, earthquakes and famines devastated the country in 1353, on 1356 and 1364.
In 1365, mercenaries, the Free Company, also known as "the English" spread doom and misery in the region. In 1375, a new attack by troops known as the "other English' set the whole region to fire and the sword. After a short incursion in Switzerland and driven out by the Confederates, they come back in autumn 1377 and pursued the destruction. Later, the village was rebuilt and peace set in until 1468, the year the Swiss Confederates invaded the region and destroyed everything. Hohenrodern was ransacked and burned. In 1469, the duke of Burgundy was authorized by the St. Omer Treaty to buy back all implicated properties. Peace reigned until 1472, when, after an internal war, Sigismond, duke of Austria, offered money to buy back the implicated properties.
In April 1525, the Peasants' war erupted. In less than a year, everything ended. In this uprising, the peasants lost several rights and usages and their condition was worse than before.
In the Thirty Years War, between 1633 and 1635, the village was ransacked, sometimes by the Imperials, sometimes by the Swedishes and sometimes by the French. In 1648, Westphalia Treaties restored peace and guaranteed Protestants about their properties. This treaty gave the Habsbourg properties to France.
In 1658, cardinal Mazarin accepted from Louis XIV, as a reward for his good and loyal services, Belfort county and seigniories of Delle, Thann and Altkirch. The following year, at the end of the Spain war, Ferrette and Issenheim were added. Mazarin owned all the Habsbourg's inheritance. This situation continued up to the Revolution.
The church
A first church was mentioned in 1120. Destroyed in 1468, it was rebuilt. The blessing of the chancel and the altar took place on August 29th, 1512. After being destroyed in 1376, it was rebuilt in 1468.
In 1667, for its spiritual needs, the village was attached to the Masevaux deanery. In 1716, a chapel replaced a statue of the Virgin Mary erected in 1650 on a site known as 'Rain'. From 1746, the chapel became a pilgrimage site replacing the one in Gildwiller.
By 1845, the villagers wished of a new church, either by extending the old one, or by building a new one, on another site according to the wish of the parish priest and part of the parishioners. The mayor wanted to rebuild on the same site while keeping the tower from the old church, the priest would like a new building in the middle of the village. It was finally what was done. Plans of a new building were prepared in 1852 by architect Diogène Poisat, of Belfort. Costs are estimated at 73 364 francs. Construction started in 1852 and will be completed in 1859. The final reception took place on December 6th, 1861. Some elements of the former church were incorporated into the new building: four bas-reliefs on the ground floor of the tower, a stone slotted in the chancel buttress with the engraved dates of 1708 and 1858, and the north chancel door leading to the sacristy. The three tympanums of the facade were sculpted by Karl Hils, of Thann, in 1905.
The old church was demolished in 1858.
In 1944, bombs destroyed the stained glass windows of the nave which were replaced in 1946.
The church was consecrated on August 10th, 1952.
The Organ
Of all the instruments built by the Verschneider brothers, the one in Roderen is one of the best preserved either in Alsace or in the whole French territory. It is therefore a precious witness of the way these Lorraine organbuilders worked. It went through more than a century of existence without notable modifications and, since its creation, it received only maintenance works.
In 1876, organbuilder Jean-Frederic Verschneider, of Puttelange, built this organ installed in a superb neo-Gothic organcase at the cost of 10 300 francs. A few pipes could have come from the organ of the church Notre-Dame-de-l'Assomption church in Landser where Verschneider worked in 1869. The instrument was received on October 22nd, 1876.
Repaired in 1888 and 1889 by H. Wilshaber and cleaned in 1975 by Pierre Huguin, of Champ-le-Duc, it was restored in 1982 by Christian Guerrier. Inauguration took place on May 9th, 1982.
In 2011, the organ condition was worrying, with recurrent operating problems, mainly due to ageing and wear of key and stop action but also due in the deterioration of the windchests. To correct this situation and avoid an irremediable deterioration, a complete restoration was ordered. Works were entrusted to Nicolas Martel, of Montmirey-le-Château (Jura). Bishop Christian Kratz, auxiliary bishop of Strasbourg, blessed the restored organ on March 10th, 2013 and Mathieu Freyburger played the inaugural concert on May 26th, 2013.
Slider chests are used. The Récit windchest is located on the same level as the one for the Grand-Orgue between this one and the one for the Pedal located at floor level. The key action is mechanical with backfalls and squares. The console is attached with round drawstops. The Récit expression pedal replaces a hook-down pedal. The Pedal windchest has only 18 notes although the pedalboard has 30.
This organ is not classified by the Historic Monuments Commission, but it is a patrimonial instrument by its authenticity and by its sound quality. Apart from the facade and the pedalboard as well as of the electrical wind motor, the organ is completely authentic.
I. Grand-Orgue |
II. Récit |
|||
|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 16' | Bourdon | 8' | |
| Montre | 8' | 1Salicional | 8' | |
| Bourdon | 8' | Flûte à cheminée | 4' | |
| Flûtee | 8' | Flûte harmonique | 4' | |
| Gambe | 8' | 2Basson (B) | 8' | |
| Prestant | 4' | 3Hautbois (D) | 8' | |
| Doublette | 2' | |||
| Cornet | V | |||
| Trompette | 8' | |||
| Clairon | 4' | |||
Pédale |
|
|---|---|
| Bourdon | 16' |
| Flûte | 8' |
| Violoncelle | 8' |
| Bombarde | 16' |
| 1 | 1-12 du Bourdon / 1-12 from Bourdon | |
| 2 | basse / bass: (C-b0) | |
| 3 | dessus / treble: (c1-f3) |