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Orgue de tribune / Gallery organ Cliquot, 1781 / Cavaillé-Coll, 1862 / Mutin, 1903 / Renaud, 1991
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Orgue de choeur / chancel organ Cavaillé-Coll, 1858 et 1868 / Mutin, 1903 / Picaud, 1981
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Sur le site actuel de l’église Saint-Sulpice, il existait, depuis une époque très reculée (au moins à partir du IXe siècle), une église paroissiale qui dépendait de l’abbaye voisine Saint-Germain-des-Prés. Reconstruite du XIIIe au XVe siècle, elle formait un charmant édifice gothique dont des gravures nous ont conservé la silhouette mais qui, au XVIIe siècle, était devenu notoirement insuffisant. C’est alors qu’en 1642, le nouveau curé, Jean-Jacques Olier, fondateur du célèbre séminaire et de la congrégation religieuse de Saint-Sulpice, décida de reconstruire son église sur les plans de l’architecte Christophe Gamard. La première pierre de l’édifice fut posée par le duc d’Orléans en 1646. Gamard, mort en 1665, fut remplacé par Louis Le Vau à qui succéda, en 1670, Daniel Gittard. En 1675, la chapelle de la Vierge, le chœur avec son déambulatoire étaient achevés alors que le carré du transept et le croisillon nord étaient commencés.
Abandonnés, en 1678, à la suite de pénibles difficultés financières, les travaux ne reprirent qu’en 1714, grâce à Jean-Baptiste Languet de Gergy, nouveau curé, et sous la direction de Gilles-Marie Oppenord, élève de François Mansart, qui acheva toute l’église en 1745, date de sa dédicace solennelle.
Restait à élever la façade occidentale pour laquelle de nombreux projets furent présentés. Le projet de Giovanni Servandoni fut finalement adopté. Toutefois, le projet devait être modifié plusieurs fois par les événements et par les hommes. C’est ainsi que le grand fronton central fut détruit par la foudre, que Oudot de Maclaurin changea le couronnement des tours et que, celles-ci ayant été critiquées, Jean Chalgrin transforma, vers 1780, la tour nord, mais n’eut pas le loisir, la Révolution étant survenue, de faire subit le même sort à la tour sud.
Au cours de la Révolution, l’église devint Temple de la Victoire ainsi que salle des fêtes et de banquets. L’église fut rendue au culte en 1800, non sans avoir, du fait des déprédations révolutionnaires, perdu une partie de son riche mobilier primitif. Le XIXe siècle s’attache, sans succès, à décorer les chapelles de l’édifice. Seul, Delacroix réussit dans ce domaine où échouèrent ses confrères académiques.
L’intérieur reproduit le plan et atteint les dimensions d’une cathédrale médiévale avec sa nef de cinq travées flanquée de collatéraux et de chapelles, son vaste transept, son chœur de deux travées droites et son hémicycle à trois pans qu’entourent un déambulatoire et des chapelles. 120 mètres (394 pi) de longueur, 57 mètres (187 pi) de largeur, 30 mètres (98 pi) de hauteur sous la voûte centrale : telles sont les mesures de ce vaisseau magnifique dont le répertoire décoratif est emprunté à l’Italie mais dont la conception monumentale est authentiquement française.
La façade est composée de deux vastes portiques à l’antique, l’un de style dorique et l’autre de style corinthien, surmontés d’un vaste fronton triangulaire entre deux tours. Sur la place de l’église, se dresse la fontaine dite des « quatre évêques » pour Massillon, Fléchier, Fénelon et Bossuet. C’est une création de l’architecte Ludovico Visconti.
L'église Saint-Sulpice est la plus grande et la plus décorée des églises de style jésuite.
L'orgue
Nicolas Pescheur, sans doute le fils de Pierre Le Pescheur qui, en 1544, était organiste à l’Hôpital du Saint-Esprit, est le premier organiste de Saint-Sulpice dont le nom nous est transmis par les archives. Entré au service de cette église au cours du derniers tiers du XVIe siècle, il mourut fin octobre 1603, et fut le dernier titulaire d’un antique instrument placé au-dessus de la porte d’entrée dans l’ancienne église. Cet instrument, devenu inutilisable dès les premières années du XVIIe siècle, ne servit plus que de montre jusqu’en 1614; on utilisait alors, provisoirement, un orgue placé dans le chœur et que la fabrique louait pour la somme de 36 livres par an.
En 1614, on décida de faire construire un nouvel orgue à partir d’éléments du vieil instrument. Vincent Coppeau fut chargé avec Pierre Pescheur d’établir un devis. La restauration ne fut exécutée qu’en 1636 par Coppeau seul. Il donna quittance, le 19 juin, de la somme de 75 livres.
Vincent Copeau fut, à l’orgue de Saint-Sulpice, le prédécesseur de l’illustre organiste du roi Louis XIV, Guillaume-Gabriel Nivers (1617-1714), qui entra en fonctions en 1640. Nivers aura, comme successeurs, Louis-Nicolas Clérambault (1676-1749) suivi de deux de ses fils, César-François (mort en 1761) et Evrard-Dominique (mort en 1773).
Dès que la construction du chœur actuel fut terminée, l’orgue fut installé sur une tribune placée au-dessus du maître-autel entre le chœur et la chapelle de la Vierge. Ce vieil instrument fut remplacé en 1725 par un orgue plus puissant qui fut transporté, quatre ans plus tard, au-dessus du tambour de la croisée nord où il demeura jusqu’en 1784. Devenu inutile après l’achèvement du grand buffet, il fut alors cédé, pour la somme de 900 livres, à la fabrique de Passy.
Le grandiose projet du nouvel orgue de Saint-Sulpice commence à prendre forme en 1776. Deux projets de buffet sont présentés : le premier, de l’architecte Laurent, où il n’y avait pas de tuyaux apparents - une nouvelle mode - et le second, un dessin de Jean-François Chalgrin. Les marguilliers optèrent pour le deuxième projet car, selon eux, il s’harmonisait mieux avec la vaste tribune de pierre bâtie sur les plans de Servandoni. Le 1er janvier 1778, un contrat fut signé avec le maître-menuisier Jadot (20,000 livres) et le sculpteur Duret (16,000 livres) pour la réalisation du buffet. Quant à l’orgue, le devis a été préparé par François-Henri Clicquot et révisé par Dom François Bédos tandis que le contrat fut signé, le 1er janvier 1780, pour la somme de 40,000 livres.
Adjoint au dernier des Clérambault depuis 1771, nommé, en 1772, l’un des quatre organistes de Notre-Dame, titularisé l’année suivante à Saint-Sulpice, l’organiste Claude-Étienne Luce dut suivre de près la marche des travaux.
L’orgue fut complété par Clicquot le 30 avril 1781. Les arbitres désignés pour la réception furent les trois organistes de Notre-Dame, Armand-Louis Couperin, Claude Balbastre et Nicolas Séjan, assistés de Jean-Jacques Charpentier. Dom Bédos qui s’était intéressé avec tant d’ardeur à la construction du monumental instrument, était mort depuis deux ans. La réception officielle eut lieu le 15 mai 1781 et, devant l’intérêt manifesté par le public, une seconde audition eut lieu le lendemain.
Ce meuble grandiose de chêne sculpté, véritable monument de bois dans un monument de pierre en impose par sa masse car il n’a pas moins de 12 mètres (39 pi) de largeur sur 14 (46 pi) de hauteur. En adoptant une forme concave très accentuée, peu favorable à l’émission des sons, et en plaçant, au-devant des tuyaux, d’énormes colonnes et des statues de grandes dimensions qui constituent de véritables obstacles à la libre propagation du son, Chalgrin avait montré un exemple à ne pas suivre. Ces réserves faites, on ne peut qu’admirer la vigueur de conception, la solidité d’exécution et la richesse décorative du buffet de Chalgrin.
Le buffet dessine un large hémicycle, encadré de hautes colonnes de grandes dimensions, enrichies de cannelures et élevées au-dessus d’un soubassement massif. Les sept entrecolonnements, ainsi formés, sont garnis de statues derrière lesquels sont placés, au deuxième plan, les plus grands tuyaux masqués jusqu’à la bouche. La frise décorée d’un courant de rinceaux aux enroulements majestueux, et la corniche ornée de denticules, de médaillons et de rosaces, sont d’un travail délicat.
Le buffet du positif est composé d’une large plate-face simplement encadrée entre deux montants ornés d’une chute de fleurs, et d’une architrave. Il est surmontée d’un lourd cadran moderne.
L’orgue de Clicquot comptait 64 jeux, 5 claviers, un pédalier de 36 notes et 4,328 tuyaux alimentés par quatorze soufflets.
L’organiste Luce ne jouit pas longtemps de l’honneur et du plaisir de toucher le plus bel instrument de la capitale. Il mourut le 18 octobre 1783, à peine âgé de 34 ans. Son ami, Nicolas Séjan, lui succéda.
Pendant la Révolution, le chef d’œuvre de Clicquot fut heureusement préservé, résonnant triomphalement à maintes reprises. Dès que l’église fut rendue au culte, Nicolas Séjan reprit possession de son orgue, poste qu’il occupa jusqu’à sa mort le 16 mars 1819. Son fils, Louis (1786-1849), fut appelé à lui succéder suivi de Georges Schmitt de 1849 à 1863.
En 1834, Louis Callinet commence des travaux de restauration. Quatre ans plus tard, en proie à d’importantes difficultés financières et n’ayant pas achevé ce travail, Callinet vend son fonds de commerce à la Société Daublaine. Cette entreprise ne terminera pas la restauration et, en 1844, elle est, à son tour, vendue à la Société Girard qui elle-même est reprise, un an plus tard, par Ducroquet. Les travaux consistent en un nettoyage complet de l’instrument et l’apport de légères modifications : des rangs de mutations sont enlevés, des anches et une machine Barker sont ajoutées. La réception définitive a lieu en avril 1846. L’orgue compte désormais 65 jeux.
Suite à cette restauration, ni la paroisse ni l’organiste n’étaient satisfaits de l’instrument. En 1855, ils embauchent Aristide Cavaillé-Coll pour assurer l’harmonisation et l’entretien de l’instrument. Presque immédiatement, Cavaillé-Coll prépare et soumet un devis en vue d’une reconstruction complète de l’instrument. Il faut dire qu’il avait déjà fait preuve de son grand talent avec des réalisations, entre autres, à Saint-Denis, à Notre-Dame-de-Lorette, à Saint-Roch, et à la Madeleine. Son projet est accepté et, en 1857, à peine dix ans après la fin de la restauration Daublaine-Callinet-Ducroquet, Cavaillé-Coll commence les travaux.
Après cinq années de travaux, le célèbre facteur établit, dans le buffet de Chalgrin, un instrument de 100 jeux devenant ainsi l’un des trois « cent jeux » européens avec l’orgue de la cathédrale d’Ulm (Walcker) et celui de la cathédrale de Liverpool (Willis). L’instrument possède 5 claviers manuels et pédalier, une magnifique console en terrasse et apporte une grande innovation qui consiste à confier le tirage des jeux aux machines Barker. Cette innovation permet, entre autres, de mémoriser une registration en plus des jeux préparés avec le système des doubles layes. De l’orgue de Clicquot, il conserve environ 40 rangs de tuyaux, incluant les mixtures et les anches. Ceci représente environ les 2/3 de l’instrument original. Il a aussi conservé 7 sommiers mais les a transformés pour y inclure une deuxième série de soupapes afin d’optimiser l’alimentation de vent. De Callinet, il conserve la Trompette en chamade, quelques bassons et des rangs d’anches. Il conserve aussi la machine Barker qu’il installe au Récit.
Toute la mécanique a été reconstruite de même que les systèmes de ventilation et d’alimentation d’air. Ces derniers sont équipés de différentes pressions d’air pour les sons graves et aigus de chaque rang pour le même jeu en plus de posséder des pressions plus élevées pour les anches que pour les jeux de fonds. Chaque division possède sa propre machine Barker alors qu’une machine générale est chargée des accouplements. Encore plus révolutionnaire est sa console. Une console traditionnelle française où les tirants sont disposés sur des étages droits aurait été trop large rendant ainsi l’action de l’organiste impossible d’atteindre les plus éloignés. Cavaillé-Coll a donc conçu une nouvelle console incurvée où chaque tirant fait face à l’organiste. Cette nouvelle disposition rendait impossible la traditionnelle traction mécanique où chaque tirant est directement attaché au registre via une tige de bois. Alors Cavaillé-Coll a décidé d’utiliser une machine Barker à double action pour tirer les registres. Les tirants sont connectés à la nouvelle machine par de petites vergettes ordinaires en bois créant ainsi une console plus compacte. Par l’utilisation de la machine Barker pour le tirage des jeux, il introduisit le premier modèle de mémoire mécanique jamais construit.
Le grand orgue est distribué sur sept étages, depuis le sol de la tribune jusqu’à la voûte, sur une hauteur de 18 mètres (59 pi). Quatre étages sont occupés par le mécanisme et les trois autres par les tuyaux.
Cavaillé-Coll n’a pas négligé d’embellir ce nouvel instrument avec ses flûtes harmoniques, des gambes impressionnantes et des anches puissantes. Il comprend 100 jeux, 5 claviers manuels et pédalier, 20 sommiers, 7 leviers Barker, 8 réservoirs à doubles plis, et presque 7,000 tuyaux incluant deux 32’, un bois ouvert et une bombarde.
L’inauguration de cet orgue monumental eut lieu le 29 avril 1863 avec la participation de César Franck, Camille Saint-Saëns, Alexandre Guilmant, Auguste Bazille et l’organiste titulaire, Georges Schmitt. Au même moment, Louis-James-Alfred Lefébure-Wély est désigné comme titulaire et il demande à Cavaillé-Coll d’installer une pédale d’orage, d’averse de grêle et un rossignol.
Après la mort de Lefébure-Wély, le 31 décembre 1869, le nom de Charles-Marie Widor (1844-1937) est proposé pour lui succéder. Bénéficiant du support de Cavaillé-Coll, il dut faire face aux protestations des paroissiens qui le trouvaient trop jeune (26 ans) pour remplir une aussi prestigieuse fonction en plus d’avoir un nom à consonance allemande (c’était en 1870, quelques mois avant la guerre franco-prussienne). En compromis, le curé l’embaucha pour une période probatoire d’une année. À la fin de ce terme, ni Widor ni le curé ne souleva le sujet du statut de Widor de sorte que celui-ci demeura « en probation » jusqu’à sa retraite le 31 décembre 1933, soit 64 ans plus tard!
Durant le terme de Widor, l’orgue a été restauré et nettoyé plusieurs fois. En 1883, le premier nettoyage fut fait par Cavaillé-Coll lui-même et quelques modifications mineures furent apportées principalement afin d’assurer un meilleur apport de vent aux notes graves du Récit.
En 1903, Charles Mutin, successeur de Cavaillé-Coll, entreprit une restauration majeure de l’instrument et apporta des modifications à la demande de Widor. Comme il était difficile d’utiliser la division du Récit, placée du cinquième clavier, en même temps qu’un passage compliqué à la pédale, il fut décidé de le descendre au quatrième clavier. Cette modification entraîna le déplacement du Positif du quatrième au troisième clavier et le clavier de Bombarde, renommée Solo avec ses anches puissantes, fut monté du troisième au cinquième clavier. En même temps, certaines modifications furent apportées à la composition sonore de l’instrument. Ainsi, la Clarinette du Positif fut remplacée par un Baryton 8’ et l’Euphone 8’ du même clavier par un Basson 16’. Trois nouveaux jeux furent introduits par échange : un Diapason 8’ au Récit, une Septième 2 2/7’ et une Trompette en chamade 8’ au clavier de Solo. Cet orgue rajeuni devait inspirer Widor pour le reste de sa vie. Sa seule critique étant que la division de la Pédale restait trop faible avec seulement 12 jeux. Pour marquer sa retraite, en 1933, la paroisse lui a offert deux jeux additionnels pour la Pédale soit un Principal 16’ et 8’ installés, par Pleyel-Cavaillé-Coll, à l’extérieur du buffet sur des sommiers pneumatiques à boursettes. Après cette modification, l’orgue contient 102 jeux et est le plus grand de tout Paris jusqu’à ce que l’orgue de Notre-Dame soit agrandi dans les années 1960. Aucune autre modification n’a été apportée à l’instrument depuis le départ de Widor.
Après le départ de Widor, Marcel Dupré (1886-1971), son assistant, est nommé titulaire en 1934 et restera en fonction jusqu’à son décès, le 30 mai 1971, dimanche de la Pentecôte. Cet instrument a donc connu, au cours d’une période de cent ans (1871-1971) que deux organistes et ce fait a certainement joué un rôle prépondérant dans sa préservation au moment où la vague néo-classique a envahi plusieurs instruments les modifiant de façon méconnaissable.
Jean-Jacques Grünenwald (1911-1982), qui a été l’assistant de Dupré durant la Seconde guerre mondiale, a succédé à son maître en 1971. Il sera le titulaire jusqu’à sa mort en décembre 1982. De 1982 à 1985, l’intérim fut comblé par Françoise Renet (1924-1995) déjà assistante de Grünenwald depuis 1973. Daniel Roth en est le titulaire depuis 1985.
Une des priorités de Roth a été de mettre en marche une nouvelle restauration de l’instrument qui n’avait pas été nettoyé depuis les années 1950. Ainsi, de 1988 à 1991, le facteur Jean Renaud a procédé au dépoussiérage de l’instrument ainsi qu’à un recuirage complet et ce, dans le respect le plus complet de l’authenticité.
Pour le facteur qui accède à l’instrument pour la première fois, il est toujours surpris de l’extrême logique quant à la disposition et l’accessibilité aux divers éléments et composantes. Un grand réseau d’escaliers, passerelles et échelles permettent une harmonisation et une maintenance facile et agréable. Quoique le buffet renferme la tuyauterie et la mécanique pour 100 jeux alors qu’il a été conçu, au début, pour n’en contenir que 64, l’agencement des 7,000 tuyaux n’est pas encombré et chacun sonne librement et naturellement.
Il faut être reconnaissant à quatre générations d’organistes qui ont joué et préservé cet instrument exceptionnel et il est à espérer que, dans le futur, la même attention et le même amour lui soient accordés pour la plus grande satisfaction de tous.
Very long ago (at least since the 9th century) a parish church was present on this site. It was under the control of the neighbouring St. Germain-des-Prés Abbey. Rebuilt from the 13th to the 15th century, it was a charming Gothic-style building according to old engravings. In the 17th century, the church became too small. In 1642, the new parish priest, Jean-Jacques Olier, founder of the renowned seminary and the religious order of St. Sulpice, decided to rebuild the church upon plans drawn by architect Christophe Gamard. The cornerstone was laid in 1646 by the Duke of Orleans. Gamard, who died in 1665, was replaced by Louis Le Vau who was succeeded, in 1670, by Daniel Gittard. By 1675, the Virgin Chapel, the chancel with its ambulatory were completed while works on the transept square and the north transept had begun.
Due to financial difficulties, construction works were stopped in 1678. They were resumed only in 1714 on the instigation of a new parish priest, Jean-Baptiste Languet de Gergy, and under the supervision of architect Gilles-Marie Oppenord, a student of François Mansart, who will complete the church in 1745, year of its dedication.
Only the western façade was left to be built and many projects were proposed. Giovanni Servandoni’s project was finally accepted but, over the years, it will be modified many times either by events or by people. Its grand central pediment was destroyed by lightning, architect Oudot de Maclaurin modified the design of the tower tops and when it was again criticized, Jean Chalgrin submitted a new proposal in 1780. Only the north tower was modified because, when the Revolution occurred, all construction works were stopped.
During the Revolution, the church became the Temple of Victory and also a hall for festivities and banquets. The church was returned to cult in 1800 but part of its rich original furniture had been lost due to revolutionary depredation. In the 19th century, great time was spent decorating the chapels. Unfortunately, only Delacroix will be successful, all his academic colleagues will fail.
The interior reflects the layout and reaches the dimensions of a medieval cathedral with its five-bay nave flanked by side aisles and chapels, its large transept, its straight two-bay chancel with its three-sided hemicycle circled by an ambulatory and chapels. 120 m (394 ft) long, 57 m (187 ft) wide, 30 m (98 ft) high under the central vault: these are the measurements of this magnificent nave whose decorative repertory is Italian in style but whose monumental design is authentically French.
The façade is made of two large antique portals, one is in the Doric style while the other is in the Corinthian style, topped by a large triangular pediment between the two towers. In the square facing the church, there is a fountain nicknamed "four bishops" for Massillon, Fléchier, Fénelon and Bossuet. It was created by architect Ludovico Visconti.
St. Sulpice church is the largest and the most ornated Jesuit-style church.
The Organ
Archives report the name Nicolas Pescheur, as the first organist at St. Sulpice. He is, without doubt, the son of Pierre Le Pescheur who, in 1544, was organist at St. Esprit Hospital. Appointed by the church during the last third of the 16th century, he died at the end of October 1603. He was the last organist who played the antique instrument installed above the front door in the old church. This instrument, unplayable since the beginning of the 17th century, was on display until 1614 while an organ, installed in the chancel, was rented for an annual fee of 36 pounds.
In 1614, it was decided to order a new organ to be built using elements of the old instrument. Vincent Coppeau and Pierre Pescheur were entrusted to prepare the plan. The restoration was carried out only in 1636 by Coppeau alone at the cost of 75 pounds. It was officially received on June 19th.
Vincent Coppeau was the predecessor of Guillaume-Gabriel Nivers (1617-1714), renowned organist of King Louis XIV, who took office in 1640. Nivers will be followed by Louis-Nicolas Clérambault (1676-1749) and his two sons, César-François (died in 1761) and Evrard-Dominique (died in 1773).
As soon as the chancel of the new church was completed, the organ was installed on a gallery located on top of the high altar between the chancel and the Virgin Chapel. This old instrument will be replaced in 1725 by a larger organ that would be moved, four years later, above the vestibule in the north transept where it will stay until 1784. Useless when the main organ was completed, it was sold, for 900 pounds, to the parish of Passy.
The large project of a new organ in St. Sulpice started in 1776. Two designs were submitted: the first one, from architect Laurent, showed a case where no pipes were on display - a new trend - and the second one, from Jean-François Chalgrin. The churchwardens accepted the second one because, according to them, it showed greater harmony with the large stone gallery designed by Servandoni. On January 1st, 1778, a contract was signed with master carpenter Jadot (20,000 pounds) and sculptor Duret (16,000 pounds) for the building of the organ case. The contract for the organ designed by François-Henri Clicquot and revised by Dom François Bédos, was signed on January 1st, 1780 at an estimated cost of 40,000 pounds.
Assistant to the last Clérambault since 1771, appointed in 1772 as one of the four organists at Notre-Dame, named the following year as titular organist at St. Sulpice, Claude-Étienne Luce was to supervise the project.
The organ was completed by Clicquot on April 30th, 1781. The appointed assessors were Notre-Dame’s three organists, Armand-Louis Couperin, Claude Balbastre and Nicolas Séjan, assisted by Jean-Jacques Charpentier. Dom Bédos, who was very involved in the design and in the building of this large instrument, had been dead for two years. The official acceptance took place on May 15th, 1781 and, due to major public interest, a second audition took place the next day.
The large sculpted oak case, a real wood monument inside a stone monument, is imposing by its mass, it is 12 m (39ft) wide by 14 m (46 ft) high. In choosing a very pronounced concave form, unfavourable for sound emission, and locating large pillars and statues just in front the pipes that are real obstacles to sound propagation, Chalgrin demonstrated what not to do. Omit this reservation, Chalgrin’s organ case is to admired for the vigor of its concept, the strength of its construction and the richness of its ornamentation.
The organ case forms a large hemicycle, framed with high pillars, enriched with flutings and erected on top of a massive basement. The seven areas between the pillars are filled with statues behind which are located the largest pipes concealed up to their mouths. The frieze is decorated with a series of boughs majestically wound up, and the cornice is decorated with medallions and roses.
The organ case of the Positif division is made of a large flat simply framed between two posts decorated with a flower chute and with an architrave. It is topped by a large modern clock.
The Clicquot organ had 64 stops, 5 manuals, a 36-note pedalboard, and 4,328 pipes winded by fourteen bellows.
Organist Luce did not enjoy very long the honour and the pleasure of playing the nicest instrument in the Capital. He died on October 18th, 1783, aged 34. His friend, Nicolas Séjan, succeeded him.
During the Revolution, Clicquot’s masterpiece was fortunately preserved, triumphantly playing during major civil occasions. When the church was returned to cult, Nicolas Séjean returned to his functions until his death on March 16th, 1819. His son, Louis (1786-1849), was called in to replace him and was followed by Georges Schmitt from 1849 to 1863.
In 1834, Louis Callinet began restoration works. Facing serious financial difficulties, four years later, while restoration works were still going on, Callinet sold his business to Société Daublaine. This firm will not complete the restoration and, in 1844, it was itself sold to Société Girard that was taken over, one year later, by Ducroquet. The organ was cleaned and slightly transformed to conform to the new musical tastes: mutations ranks were removed some free reeds ranks were added and a Barker lever was installed in the action. The final acceptance took place in April 1846. It is now a 65-stop instrument.
Following this restoration neither the churchwardens nor the organist were satisfied with the instrument. In 1855, they called in Aristide Cavaillé-Coll to undertake the tuning and maintenance of the instrument. Almost immediately, Cavaillé-Coll made a proposal for the complete reconstruction of the organ. His talents had been conclusively demontrated in instruments he just completed, among them the ones in St. Denis, in Notre-Dame-de-Lorette, in St. Roch, and in La Madeleine. His project was accepted in 1857 and within ten years following the restoration by Daublaine-Callinet-Ducroquet, Cavaillé-Coll began to work on the reconstruction.
After five years of work, the renowned organ builder has built, inside Chalgrin’s organ case, a 100-stop instrument. It was, with Father Willis of Liverpool and the Walcker of the Ulm Cathedral, one of only three « 100-stop » organs in Europe. The 5-manual and pedal instrument has a magnificent terraced console and uses a Barker machine to control the stop action. This last innovation allows to memorize the registration on top of those prepared with the double pallet box system. From Clicquot’s organ, Cavaillé-Coll kept about 40 ranks of pipes, including mixtures and reeds. This represented almost two-thirds of Clicquot’s original instrument. He also kept 7 windchests but transformed them to provide a second set of pallets to optimize the wind supply to the pipes. From Callinet, he kept the Trumpet en chamade, some bassoons, and the free reed ranks. He also kept the general Barker lever which now serves the Récit division.
The entire mechanical action was newly constructed, as were the wind supply and blowing system. These were equipped with separate wind pressures for the bass and treble of each rank, and higher pressures for the reeds than for the foundations. Each division was provided with a separate Barker lever. A general Barker lever was in charge of the couplers. Most revolutionary was the console and, as a result, the stop action. A traditional French keydesk with stopknobs displayed on straight steps would have been too large and made it difficult for the organist to reach the farthest stopknobs. Cavaillé-Coll designed a new console with curved tiers, making each knob face the organist. The new design negated the possibility of a traditional, purely mechanical stop action, where every knob is connected to its respective slider via a wooden rod. So Cavaillé-Coll had the idea of using a double-action Barker lever to move the sliders. The knobs were connected to the new machine by ordinary small wooden trackers, creating a more compact console. And by using Barker action for the stops, he also introduced one of the first examples of mechanical memory ever built.
The organ is distributed among seven floors, from the gallery floor to the vault, for a total height of 18 meters (59 ft). Organ action occupies four floors while pipework occupies the other three.
Cavaillé-Coll did not neglect to embellish the new instrument with his delightful harmonic flutes, impressive gambas, and massive reeds. The newly completed organ had 100 stops, 5 manuals and pedal, 20 windchests, 7 Barker levers, 8 double-rise reservoirs, and nearly 7,000 pipes, including two 32’ ranks, an open wood and bombarde.
The inauguration of this monumental organ took place on April 29th, 1863 with César Franck, Camille Saint-Saëns, Alexandre Guilmant, Auguste Bazille, and the titular organist, Georges Schmitt. At the same time, Louis-James-Alfred Lefébure-Wély replaced Georges Schmitt as organist. He then asked Cavaillé-Coll to install a thunder pedal, a hailstorm effect, and a nightingale.
After the death of Lefébure-Wély on December 31st, 1869, Charles-Marie Widor (1844-1937) was proposed as his successor. He had the benediction of Cavaillé-Coll but faced parishioners’ protests that Widor was too young (26 years old) for such a prestigious position and moreover, his name sounded German (this was in 1870, a few months before the Franco-Prussian war). As a result, the parish priest hired him for a test period of one year. At the end of that term, neither Widor nor the priest broached the subject of Widor’s status, so it was as a temporary organist that Widor retired on December 31st, 1933, almost 64 years later!
During Widor’s tenure, the organ was restored and cleaned several times. In 1883, Cavaillé-Coll himself did the first cleaning and made a few minor changes, mostly in order to provide a better wind supply for the lowest pipes of the Récit division.
In 1903, Charles Mutin, successor to Cavaillé-Coll, did a major restoration and made some changes at Widor’s request. The Récit division, which was originally in the 5th position proved to be unplayable with a complicated pedal part, was lowered to the 4th position. As a consequence, the Positif descended from 4th to 3rd, and the Bombarde, with its loud reeds, originally in 3rd was elevated to 5th and renamed Solo. Tonal modifications were also carried out. The Clarinette on the Positif was replaced with a Baryton 8’ and the Euphone 8’ from the same division was replaced by a Basson 16’. Three new stops were introduced by trading: a Diapason 8’ on the Récit, a Septième 2 2/7’ and a Trompette en chamade 8’ on Solo. The rejuvenated organ inspired Widor for the rest of his life. His only complaint was that the Pedal division remained too weak with only 12 stops. For his retirement in 1933, the parish offered him 2 more Pedal stops: Principal 16’ and 8’ that were placed by Pleyel-Cavaillé-Coll on the outside of the case on pneumatic purse chests. The organ, now boasting 102 stops, was the largest in Paris until Notre-Dame’s instrument was enlarged in the 1960s. No other changes have been made on the instrument since Widor’s tenure.
After Widor’s retirement, Marcel Dupré (1886-1971), his assistant, was awarded the position of organist in 1934 and would hold it until his death on May 30th, 1971, Pentecost Sunday. Thus, the organ knew only two organists over a hundred-year period (1871-1971), and this certainly played a role in its preservation through the stormy neo-classical period when many instruments were unrecognizably transformed.
Jean-Jacques Grünenwald (1911-1982), who had been Dupré’s assistant during World War II, succeeded his master in 1971 and remained until his death in December 1982. The interim function of organist was assigned to Françoise Renet (1924-1995) from 1982 to 1985. The organ has been played since 1985 by Daniel Roth.
One of Roth’s first duties was to start a new restoration of the instrument which had not been cleaned since the 1950s. This was accomplished by organbuilder Jean Renaud from 1988 to 1991 and consisted of a general cleaning and releathering of all parts of the instrument in the most authentic way possible.
The organbuilder who enters the instrument for the first time is always amazed by the extreme logic of how all the parts and components are ordered and accessible. A large network of stairways, catwalks, and ladders make tuning and maintenance an easy and enjoyable task. Even though the 100-stop instrument is placed in a case designed for only 64, none of the almost 7,000 pipes is crowded, thereby allowing them to speak freely and naturally.
We must be thankful to the four generations of organists who have lovingly played and preserved this exceptional instrument and it is hoped that it will receive, in the future, the same care and attention it has always garnered in pursuit of the greatest satisfaction for all.
I. Grand Choeur |
||||
| 2Salicional | 8' | 1Bombarde | 16' | |
| 3Octave | 4' | 3Basson | 16' | |
| 1Fourniture | IV | 11ère Trompette | 8' | |
| 1Plein-Jeu | IV | 12è Trompette (d-g2) | 8' | |
| 1Cymbale | VI | 3Basson | 8' | |
| 1Cornet (d-g2) | V | 1,3Clairon | 4' | |
| 3Clairon-Doublette | 2' | |||
II. Grand Orgue | ||||
| 1Montre | 16' | 1,3Flûte harmonique | 8' | |
| 1Principal | 16' | 3Flûte traversière (d-g2) | 8' | |
| 1Bourdon | 16' | 2Flûte à pavillon | 8' | |
| 3Flûte conique | 16' | 1,2,3Grosse quinte | 5 1/3' | |
| 1Montre | 8' | 1,3Prestant | 4' | |
| 1Bourdon | 8' | 1Doublette | 2' | |
| 2Diapason | 8' | |||
III. Positif |
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| Laye de Fonds Foundation pallet box |
Laye de combinaison Combination pallet box |
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| 3Violon-basse | 16' | 1,3Quinte | 2 2/3' | |
| 3Quintaton | 16' | 2Doublette | 2' | |
| 1,2,3Salicional | 8' | 1Tierce | 1 3/5' | |
| 2Viole de gambe | 8' | 1Larigot | 1 1/3' | |
| 3Unda maris | 8' | 1Piccolo | 1' | |
| 2,3Quintaton | 8' | 3Plein-Jeu harmonique | III-VI | |
| 3Flûte traversière | 8' | 4Basson | 16' | |
| 2Flûte douce | 4' | 1Baryton | 8' | |
| 2Flûte octaviante | 4' | 1Trompette | 8' | |
| 2Dulciane | 4' | 1Clairon | 4' | |
Récit (expressif / enclosed) |
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| Laye de Fonds Foundation pallet box |
Laye de combinaison Combination pallet box |
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| 1Quintaton | 16' | 3Flûte harmonique | 8' | |
| 4Diapason | 8' | 3Flûte octaviante | 4' | |
| 3Violoncelle | 8' | 2Dulciane | 4' | |
| 3Voix céleste | 8' | 1,2Nazard | 2 2/3' | |
| 1Bourdon | 8' | 3Octavin | 2' | |
| 1,2Prestant | 4' | 1Cornet (c-g2) | V | |
| 1Doublette | 2' | 3Bombarde | 16' | |
| 1,6Fourniture | IV | 3Trompette | 8' | |
| 1,6Cymbale | V | 3Clairon | 4' | |
| 1,3Basson-Hautbois | 8' | |||
| 1Cromorne | 8' | |||
| 1Voix humaine | 8' | |||
V. Solo |
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| Laye de Fonds Foundation pallet box |
Laye de combinaison Combination pallet box |
|||
| 1Bourdon | 16' | 2Grosse Quinte | 5 1/3' | |
| 3Flûte conique | 16' | 3Octave | 4' | |
| 1,2,3Principal | 8' | 3Grosse tierce | 3 1/5' | |
| 1,3Bourdon | 8' | 3Quinte | 2 2/3' | |
| 2,3Flûte harmonique | 8' | 4Septième | 2 2/7' | |
| 3Violoncelle | 8' | 3Octavin | 2' | |
| 3Gambe | 8' | 1Cornet | V | |
| 3Kéraulophone | 8' | 3Bombarde | 16' | |
| 1,2,3Prestant | 4' | 1Trompette | 8' | |
| 2,3Flûte octaviante | 4' | 1,2Clairon | 4' | |
| 2,3Trompette (chamade) | 8' | |||
Pédale |
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| Laye de Fonds Foundation pallet box |
Laye de combinaison Combination pallet box |
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| 1,3Principal | 32' | 1,3Bombarde | 32' | |
| 5Principal | 16' | 1,3Bombarde | 16' | |
| 1,2Contrebasse | 16' | 2Basson | 16' | |
| 1Soubasse | 16' | 1,2Trompette | 8' | |
| 2,6Violoncelle | 8' | 1Ophicléide | 8' | |
| 5Principal | 8' | 1Clairon | 4' | |
| 1Flûte | 8' | |||
| 1,2Flûte | 4' | |||
| 1 | Clicquot 1781 | |
| 2 | Daublaine et Callinet 1845 | |
| 3 | Cavaillé-Coll 1862 | |
| 4 | Mutin 1903 | |
| 5 | Pleyel-Cavaillé-Coll 1933 | |
| 6 | Renaud 1991 |
Grand-Orgue |
Récit |
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| Bourdon | 16' | Flûte traversière | 8' | |
| Montre | 8' | Viole de gambe | 8' | |
| Bourdon | 8' | Voix céleste | 8' | |
| Salicional | 8' | Flûte octaviante | 4' | |
| Flûte harmonique | 8' | Octavin | 2' | |
| Prestant | 4' | Cor anglais | 8' | |
| 1Quinte | 2 2/3' | Trompette harmonique | 8' | |
| Doublette | 2' | Clairon | 4' | |
| Plein-Jeu | IV | |||
| Basson | 16' | |||
| Trompette | 8' | |||
| Clairon | 4' | |||
Pédale |
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| 2Soubasse | 16' |
| 1 | Ajout by Mutin / Added by Mutin | |
| 2 | De / From: Bourdon 16' GO |