| Description [Français / English] |
Composition sonore Stop List |
Références References |
Retour Return |
![]() |
Casavant, Opus 2165, 1953
[click on the image or here to obtain a larger picture] |
Historique
Au tournant du XXe siècle, la ville de Québec entre dans une phase d’expansion démographique et économique. Bien implantées dans les quartiers de Saint-Roch et de Saint-Sauveur, les industries manufacturières emploient une abondante main-d’œuvre qui provient souvent des campagnes environnantes. Pour loger les familles ouvrières, des compagnies de promoteurs immobiliers lorgnent les vastes terres agricoles de Limoilou. En 1906, la Quebec Land acquiert ainsi l’immense domaine de la succession de William Hedley Anderson (v1800-1869). La réponse au nouveau développement urbain est immédiate : la population qui dépassait à peine 1 000 habitants en 1896 atteint plus de 9 000 personnes en 1921 et au-delà de 26 000 dix ans plus tard. La papetière Anglo Canadian Pulp, qui s’établit dans le quartier en 1927, contribue aussi fortement au succès.
À cette époque, les églises Saint-Charles et Saint-François-d’Assise sont surpeuplées. Le 22 octobre 1927, le cardinal Raymond-Marie Rouleau (1866-1931), archevêque (1926-1931) de Québec, érige la paroisse Saint-Fidèle et lui assigne un territoire qui provient des deux paroisses existantes. Un premier lieu de culte est aussitôt aménagé dans l'entrepôt Latour, situé sur le chemin de la Carnardière, juste à côté du viaduc du chemin de fer. Elle acquiert les terrains compris entre la 4e et la 8e Avenue, la 12e et la 13e Rue, pour y construire un ensemble paroissial.
En novembre 1927, l'architecte Joseph-Siméon Bergeron (1878-1955) est sélectionné pour dresser les plans d'un presbytère et d'une église temporaire qui, plus tard, deviendra salle paroissiale, lorsqu'un temple plus imposant aura été érigé. Toutefois, la paroisse envisage de l'utiliser pendant plusieurs années puisqu'elle y fait installer un orgue et un mobilier de qualité, fabriqués sur mesure. La première messe est célébrée le 11 novembre 1928. Cette église temporaire, construite avec une structure d'acier, subsiste encore à l'arrière de l'église. Réaménagée, elle est occupée par des logements depuis 1975. Quant au presbytère, il est construit d'après les plans des architectes Bergeron et Lemay, puis agrandi par une annexe en 1952.
Dans les dernières décennies du XXe siècle, la baisse de la pratique religieuse et la diminution des effectifs du clergé entraînent des modifications importantes du paysage paroissial. Le 17 mars 1998, les paroisses de Saint-Charles-de-Limoilou, Saint-François-d’Assise, Saint-Zéphirin-de-Stadacona, Saint-Fidèle et Saint-Esprit fusionnent pour former la nouvelle paroisse de Notre-Dame-de-Rocamadour. La fermeture des églises Saint-Charles-de-Limoilou, Saint-François-d’Assise, et Saint-Esprit ainsi que le transfert de l'église Saint-Zéphirin-de-Stadacona à la Fraternité Saint-Pierre, l'église Saint-Fidèle se joint à celle de Saint-Albert-le-Grand et Saint-Pascal-de-Maizerets pour former, le 30 octobre 2018, la paroisse Saint-François-de-Laval.
L'édifice
Plusieurs projets par différents architectes sont élaborés pour l'église actuelle, dont ceux d'Émile-Georges Rousseau (1888-1973) et d'Adrien Dufresne (1904-1983), datés de 1947 et 1948. C'est finalement en juin 1951 qu'un mandat est confié à Adrien Dufresne et Antonio Bédard-Taillon, architectes associés, de concevoir les plans de la nouvelle église. L'édifice, qui peut contenir 1 250 personnes dans la nef et 1 200 dans la crypte, est bénit le 16 mai 1954. Cette nouvelle église est la plus originale des œuvres de Dufresne sur le territoire de la ville de Québec. L'édifice est en forme de croix latine avec choeur en saillie et une abside avec chevet plat. À l'extérieur, le bâtiment de pierre n'annonce rien de nouveau, au départ. Les projets antérieurs de Dufresne ont déjà proposé, juxtaposée à une haute tour bien dégagée, une silhouette à haut pignon dont le tracé et les ouvertures soulignent une composition tracée à l'équerre. D'ailleurs, le clocher n'est qu'une reprise d'un projet de 1942 destiné à l'église de Sainte-Marguerite, à Trois-Rivières. En effet, il arrivait souvent à Dufresne de combiner des éléments qu'il avait d'abord conçus pour des églises différentes. Entre 1945 et 1951, il mène plusieurs projets de front, dont certains l'accaparent durant plusieurs années. Il travaille, par exemple, à la basilique de Notre-Dame-du-Cap de 1944 à 1964.
En revanche, la nef est remarquable. Dufresne, qui utilise le béton depuis 1946 alors qu'il s'en était tenu jusque-là presque exclusivement à la brique, opte ici pour les arcs polygonaux. Mais plutôt que de s'en servir pour simplement rythmer les travées, il les croise comme pour composer des voûtes d'ogives. Puis, au sommet de la voûte, recouverte de crépi, l'architecte établit une résille faîtière qui rappelle les réseaux de liernes et de tiercerons des ouvrages lapidaires du XVe siècle. Ici, la résille construit l'unité de l'espace puisqu'elle rassemble les éléments structuraux : elle forme l'épine dorsale de cette structure organique géométrisée.
Pour correspondre aux goûts de l'époque, la nef doit être dégagée de colonnes. Dufresne comprime l'espace des bas-côtés, laissant à peine place à des allées latérales. En fait, à cause de la largeur importante de la nef, soit 20 mètres (65,6 pieds), il choisit de contrebuter les arcs. Chaque pilier reçoit deux arcs qui se rencontrent à 90 degrés et s'épaulent mutuellement avant de transmettre vers le mur l'autre moitié de leur charge seulement. Il profite de la force du béton armé pour ménager ces allées en perçant les contreforts des arcades entrecroisées de la voûte; on retrouve ainsi, ces passages s'assimilent à ceux réalisés dans les murs des étages hauts (triforium ou claire-voie) des cathédrales gothiques.
L'œuvre de Dufresne exploite plus avant le potentiel des nouvelles technologies de construction, mais elle consacre aussi les qualités expressives de cette modernité, refusant la référence servile aux œuvres sanctionnées par l'histoire. Le style du moine Paul Bellot (1876-1944), révisionniste mystique du Moyen Âge, se double ici d'une préoccupation de modernité évidente. Ici, Dufresne explore un expressionnisme géométrique alimenté par des référents étasuniens et européens, notamment germaniques. L'œuvre de Frank Lloyd Wright (1867-1959) a grandement influencé la production de Dufresne. Difficile aussi de ne pas évoquer l'architecture cubiste tchèque, à laquelle Dufresne semble avoir emprunté cette polychromie, typiquement est-européenne, et qui étonne tous les connaisseurs des architectures de béton, dont le goût "brut" a plutôt été modelé par le rationalisme classique des modernes français, à la suite d'Auguste Perret (1874-1954).
L'orgue
Un premier orgue est installé dans l'église temporaire en 1928, Il s'agit d'un orgue de 7 jeux, Opus 1295, fabriqué par Casavant Frères, de Saint-Hyacinthe. Lorsque la nouvelle église est inaugurée en 1952, l'orgue est transféré dans la crypte et un instrument électronique est acheté pour l'église supérieure.
Lorsque l'église Saint-Esprit, située dans le même secteur de la ville de Québec, ferme ses portes en 2002, l'instrument est déménagé à l'église Saint-Fidèle par le facteur Jean-François Mailhot qui profite de l'occasion pour y installer une soufflerie neuve. Le concert inaugural est donné par Marc D'Anjou, le 14 avril 2002.
[cliquer sur l'image ou ici pour obtenir une version agrandie]
History
At the turn of the 20th century, Québec City experienced a demographic and economic expansion. Well established in St. Roch and St. Sauveur districts, the manufacturing industries employed an abounding workforce which was often coming from neighboring villages. To lodge these working-class families, property management companies eyed up the large Limoilou agrarian lands. In 1906, Quebec Land Co. acquired the huge William Hedley Anderson's (c1800-1869) estate. The answer to this new urban development was immediate: the population which barely exceeded 1,000 persons in 1896 grew to more than 9,000 in 1921 and more than 26,000 ten years later. Anglo Canadian Pulp, the important paper maker, who settled in the district in 1927, much contributed to this success.
At that time, St. Charles and St. François-d'Assise churches were overcrowded. On October 22nd, 1927, Raymond-Marie Cardinal Rouleau (1866-1931), archbishop (1926-1931) of Québec City, established the St. Fidèle parish taking its territory from the two existing parishes. A first place of worship was immediately set up in the Latour warehouse, located on Carnardière Road, close to the railway viaduct. The parish acquired land located between the 4th and the 8th avenues, the 12th and the 13th streets, to build a parochial complex.
In November 1927, architect Joseph-Siméon Bergeron (1878-1955) was selected to prepare the plans for a presbytery and a temporary church which, later, will become a parish hall when a more imposing church has been built. However, the parish planned to use it for several years since both an organ and custom quality furniture were installed. The first mass was celebrated on November 11th, 1928. This temporary church, built with a steel structure, is still standing at the back of the church. Redeveloped, it is occupied by community lodgings since 1975. As for the presbytery which was built according to plans by architects Bergeron and Lemay, it was enlarged with an extension in 1952.
In last decades of the 20th century, the decline in religious practice and the reduction in the number of priests led to important modifications to the parish organization. On March 17th, 1998, St. Charles, St. François-d'Assise, St. Zéphirin, St. Fidèle and St. Esprit parishes merged to establish the new Notre-Dame-de-Rocamadour parish. The closing of St. Charles, St. Francois-d'Assise and St. Esprit churches along with the transfer of St. Zéphirin to the St. Peter Fraternity, St. Fidèle joined St. Albert-le-Grand and St. Pascal-de-Maizerets churches to establish, on October 30th, 2018, the St. François-de-Laval parish.
The Building
For the permanent church, several architects submitted plans: among them those by Émile-Georges Rousseau (1888-1973) and those by Adrien Dufresne (1904-1983), dating from 1947 and 1948. Finally, in June 1951, the mandate was entrusted to Adrien Dufresne and Antonio Bédard-Taillon, partner architects, to prepare the plans for the new church. The building, which can accommodate 1,250 persons in the nave and 1,200 in the crypt, was blessed on May 16th, 1954. This new church is Dufresne's most original work in Québec City. The building presents a Latin cross shape with a protruding chancel ending with a flat apse. On the exterior, at first glance, the stone building announces nothing new. Dufresne's previous works have already shown, juxtaposed to a very high and unobstructed tower, a high gable silhouette whose layout and openings show a composition drawn with a T-square. Besides, the bell tower is only a repeat of a 1942 plan intended for St. Marguerite Church, in Trois-Rivières. In fact, Dufresne is known to combine elements first designed for different churches. Between 1945 and 1951, he simultaneously worked on several projects, among whom some will keep him busy for several years. For instance, he worked on Notre-Dame-du-Cap Basilica from 1944 till 1964.
On the other hand, the nave is remarkable. Dufresne, who had been using concrete since 1946 while he had been, until then, almost exclusively using brick, opted for polygonal archways. But rather than to use them to simply regulate bays, he crossed them as if to compose cross-ribbed vaults. Then, at the top of the vault, covered with roughcast, the architect sets up a central fishnet that reminds of struts and tiercerons networks found in 15th-century lapidary works. Here, the fishnet is the center piece because it collects the structural elements: it is the backbone of this organic geometric structure.
To meet the current trends, the nave must be cleared of columns. Dufresne trimmed the space for the side aisles, barely leaving space for the aisles themselves. In fact, because of the important wideness of the nave, 65.6 feet (20 meters), he chose to buttress the archways. Every pillar supports two archways meeting at 90 degrees and supporting one another before resting the other half of their load on the wall. He used the ferroconcrete force to carefully handle these aisles by piercing the buttresses of the vault's intertwined archways; so, on the floor, these passages are similar to those used to be executed in the high floor walls (triforium or clerestory) of gothic cathedrals.
Dufresne's work brings forward the potential of new construction technologies, but it also establishes the expressive qualities of this modernity, refusing the servile reference to works sanctioned by history. The style of monk Paul Bellot (1876-1944), the mystical medieval revisionist, is here coupled with a preoccupation of evident modernity. Here, Dufresne explores a geometric expressionism coming from American, European and mainly German referents. On this subject, Frank Lloyd Wright's (1867-1959) works greatly influenced Dufresne's production. It is also difficult not to recall the Czech cubist architecture from whom Dufresne seemed to have borrowed this typically East-European polychromy and which surprises all experts on concrete architecture whose "raw" taste was rather modeled by modern French classical rationalism, following Auguste Perret (1874-1954).
The Organ
A first organ was installed in the temporary church in 1928. It was a 7-stop instrument, Opus 1295, built by Casavant Frères, of St. Hyacinthe. When the new church was inaugurated in 1952, the organ was transferred in the crypt of the new building, and an electronic instrument was purchased and installed in the upper church.
When St. Esprit Church, located in the same district in Québec City, closed its doors in 2002, the instrument was moved to St. Fidèle Church where it was reinstalled by organbuilder Jean-François Mailhot who replaced the old ventilator. The inaugural concert was played by Marc D'Anjou, on April 14th, 2002.
II. Grand-Orgue |
III. Récit |
|||
|---|---|---|---|---|
| Flûte conique | 16' | Quintaton | 16' | |
| Montre | 8' | Principal | 8' | |
| Principal | 8' | Flûte double | 8' | |
| Flûte traversière | 8' | Cor de nuit | 8' | |
| Spitzflöte | 8' | Viole de gambe | 8' | |
| Bourdon | 8' | Voix céleste | 8' | |
| Prestant | 4' | Gemshorn | 4' | |
| Flûte d'amour | 4' | Waldflöte | 4' | |
| Quinte | 2 2/3' | Quinte | 2 2/3' | |
| Doublette | 2' | Flageolet | 2' | |
| Fourniture | V | Cornet | IV | |
| Fourniture | IV | |||
| Cymbale | III | |||
| Contrebasson | 16' | |||
| Trompette | 8' | |||
| Hautbois | 8' | |||
| Clairon | 4' | |||
| Tremolo | ||||
I. Choral |
Pédale |
|||
|---|---|---|---|---|
| Lieblich Bourdon | 16' | Principal | 16' | |
| Diapason | 8' | Violon | 16' | |
| Salicional | 8' | Flûte conique | 16' | |
| Flûte à cheminée | 8' | Soubasse | 16' | |
| Flûte triangulaire | 8' | Dulciane | 16' | |
| Quintaton | 8' | Quinte | 10 2/3' | |
| Octave | 4' | Octave | 8' | |
| Flûte douce | 4' | Violoncelle | 8' | |
| Nazard | 2 2/3' | Bourdon | 8' | |
| Flautino | 2' | Basse chorale | 4' | |
| Tierce | 1 3/5' | Cornet | III | |
| Larigot | 1 1/3' | Bombarde | 16' | |
| Sifflet | 1' | Contrebasson | 16' | |
| Cromorne | 8' | Trompette | 8' | |
| Tremolo | Clairon | 4' | ||